Wally,
le comique aveyronnais qui cartonne - Dec 2001
"Je vais vous avouer quelque chose de grave. Je viens
de l'Aveyron. Ca choque. J'habite un petit village, Montbazens "
Pas
banal, d'entendre de tels monologues sur les planches parisiennes.
Attention,
il ne s'agit pas d'un poète néo-rural directement
sorti du Causse.
Il
s'agit de Wally, un ovni de la scène
française, un inclassable homme-orchestre et humoriste
de l'absurde, dévastateur pour les décrochements
de mâchoires qu'il occasionne lorsqu'il met en musique
le courrier des lecteurs d'un supplément télé
ou d'un grand quotidien régional.
Son spectacle a le rythme bebop et ses envolées vocales
sont dignes d'une Deedee Bridgewater.
des
doigts de fée pour un musicien hors-pair
Ses
doigts de fée, (si fins dans ce corps si robuste...)
d'un musicien hors-pair pratiquent avec une même
maestria, guitare, accordéon, piano. Et lorsqu'il
fait son crooner, on sent que cet homme a une voix qui
pourrait faire de lui un grand de la chanson, un sérieux
capable de faire monter l'émotion.
Las,
il ne veut pas qu'on l'enferme dans une petite boîte
à thème. Malgré quelques poignées
d'amour et les bretelles, et sa barbe, Wally ressemble
étrangement à Julien Carette, cet acteur
célèbre des années trente, l'un
des préférés de Jean Renoir, que
l'on peut voir dans la Règle du Jeu ou la Bête
Humaine.
un
show qui ne ressemble à aucun autre
Acteur, chanteur. Son show hors du temps ne ressemble à
aucun autre.
Wally, 35 ans, ne se moque pas de ses contemporains connus
comme bien d'autres, c'est lui-même le plus souvent
qu'il porte en dérision.
Il
y a une chose dont on est sûr, c'est qu'il est Aveyronnais.
Le voir en banlieue parisienne un soir humide de janvier vous
requinque.Comme
si l'on avalait cul-sec une bonne tasse d'humanité
aveyronnaise.
Comme
l'histoire de ce coup de klaxon, qui lui est destiné,
un jour qu'il débouche un peu trop maladroitement sur
le périphérique parisien. "Ma fille m'a
demandé : tu le connais Papa ? " Wally revendique
son "aveyronnité" sans faire tourner tout
son spectacle autour de ça.
Il n'est pas un comique régional. Même s'il évoque
les quilles de huit, l'Aubrac, ou son village de Montbazens,
son spectacle va bien au-delà. "Mais attention,
je défends une image de l'Aveyron, qui n'est pas caricaturale."
Du
Zénith aux Francofolies en passant par le Trianon :
il affiche complet
Cet
originaire du bassin de Decazeville, pur jus, a été
professeur de chaudronnerie, avant d'embrasser la carrière
artistique voilà quinze ans. Aujourd'hui, Wally se
produit sur les scènes de France et depuis deux ans,
sa notoriété est croissante : Francofollies,
premières parties au Zenith, il a rempli en septembre
le théâtre parisien du Trianon.
Depuis deux ans, les Aveyronnais d'Ile-de-France qui en ont
entendu parler n'hésitent pas à venir le voir
pour découvrir cet étrange "collègue".
Avant ou après le spectacle, on parle alors du pays,
de la maison qu'il a retapé de toutes ses connexions
si Aveyronnaises.
Bref,
Wally a plutôt un contact simple et chaleureux.
Mais nul n'est prophète en son pays. C'est surtout
vrai pour Wally qui regrette de n'avoir pas été
plus soutenu par le département et de ne pas être
reconnu par les politiques locaux.
"Je
ne comprends pas la politique culturelle du département,
j'ai envoyé un dossier à tous les élus
pour que l'on m'explique la cohérence des choix qui
sont faits" explique-t-il. Mais le public aveyronnais,
lui, est bien présent. Que ce soit à Arvieu
ou à Baraqueville, les spectacles de Wally affichent
complets et se terminent en standing ovation. Le public, pour
un comique, il n'y a finalement que ça qui compte
Artiste complet, Wally, conçoit également ses
sculptures loufoques.
Renseignement pris, l'artiste n'a pas
été ainsi baptisé en référence
au diminutif affectueux dont les anglo-saxons affublent souvent
les cétacés. C'est, en fait, un surnom donné
par ses copains d'enfance influencés par un dessin
animé de la maison Hanna-Barbera, "Wallygator".
Un petit alligator qui n'arrêtait pas de s'échapper
du zoo.