SUR
LE CHEMIN DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE >Etape
n°1 : Nasbinals - Saint Chély d'Aubrac
Aubrac (17 KM)
Halte à AUBRAC
Au sud
du Massif Central et au nord-est
de l'Aveyron, s'étend le plateau de l'Aubrac, héritage que les volcans d'Auvergne ont légué au Rouergue. . "En ce lieu d'horreur et de profonde solitude" ... Cette inscription sur le monastère d'Aubrac est révélateur
de l'ambiance qui pouvait y régner.
A cette époque, brigands et loups infestaient la région.
Aujourd'hui
encore, il est recommandé
aux pèlerins et aux
randonneurs et ce, même
en saison estivale, de se
couvrir eAu
moyen-âge, la traversée
de l'Aubrac par tout pèlerin
se rendant à Saint-Jacques
de
Compostelle depuis le Puy-en-Velay
était particulièrement
périlleuse en raison des tourmentes
de vent ou de neige qui pouvaient
le surprendre et le perdre à
jamais. n raison du vent
qui peut souffler sur les
plateaux, la traversée
de l'Aubrac, ce plateau
de 2 500 km2, permet de
découvrir une nature
surprenante et intacte.
On y croisera les troupeaux
de la race Aubrac ou encore
le pèlerin sera surpris
par la variété
de la
flore particulièrement
riche et variée.
1 300 espèces ont
en effet été
répertoriées.
Pays de tradition pastorale,
l'Aubrac appuie son économie
locale sur l'élevage
bovin et la production fromagère. En hiver, lorsque la neige
tombe, les monts d'Aubrac
tiennent à la fois
de la steppe sibérienne
que des highlandes Ecossais. «Tout
ce qui subsiste d'intégralement
exotique dans le paysage
français me semble
cantonner là : c'est
comme un morceau de continent
chauve.» écrivait
notamment Julien Gracq à
propos de l'Aubrac.
Une boralde
La
construction du monastère pour venir en
aide aux pèlerins dans cette contrée
sauvage débute vers 1120. L'hôpital
et le monastère furent soumis à
la règle de Saint-Augustin. Les chevaliers
de l'Ordre des Templiers s'étaient chargés
là aussi de la protection des pèlerins.
En 1353, le monastère se dota d'une tour
haute de 30 m destinée à lutter
non seulement contre les routiers qui infestaient
la région et se protéger des exactions
infligées par les Anglais lors de la Guerre
de Cent ans. D'où
son nom de Tour des Anglais.
La
tour de l'église renferme la cloche Maria,
dite la
« cloche des perdus ». Comme son surnom
l'indique, elle avait pour vocation de guider
les pèlerins égarés dans
la neige ou le brouillard en direction de la Dômerie.
On peut y lire l'inscription suivante :
"Jubile pour Dieu,
Chante pour les clercs,
Chasse les démons,
Rappelle les égarés".
La
Dômerie d'Aubrac fit construire une léproserie
à Condom-d'Aubrac en bordure des forêts
de hauts alpages.
D'Aubrac,
on emprunte un dénivelé (1307 -
808 mètres) jusqu'au village de Saint-Chély-d'Aubrac,
étape suivante.
De
l'origine de la dômerie
En
1120, Adalard, seigneur des Flandres et
pèlerin manque de périr en traversant
les plateaux de l'Aubrac.
A
l'aller, il est attaqué par une horde de brigands
détroussant les voyageurs. Au retour, il est
surpris cette fois-ci, par une tempête de neige.
Sorti
sain et sauf de cette épreuve, il se promet de « bâtir en ces lieux une maison de refuge,
pour le voyageur et de chasser de ces montagnes les
voleurs qui les infestaient ».