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Halt'Pèlerin à Espalion

PAYS

SUR LE CHEMIN DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
2004 Année Jacquaire, année prospère ?

Lorsque la Saint-Jacques, fixée au 25 juillet, tombe un dimanche, comme cette année 2004, les pèlerins sont en général beaucoup plus nombreux. Lors de la dernière année Jacquaire de 1999, on avait estimé leur nombre à 150 000. Cette année-là, la coutume veut que l’on ouvre l’une des portes de la basilique de Compostelle murée en permanence.

Interview de Simone Anglade, présidente de l'Association Sur les Pas de Saint-Jacques

Simone Anglade, 53 ans, Conseiller Général du canton d’Espalion (ci-contre à gauche avec Chantal Jourdan, préfète de l'Aveyron) est présidente de l’association Sur les Pas de Saint-Jacques dont l’objectif est notamment d’améliorer l’accueil et l’information des pèlerins. Et Simone Anglade sait de quoi elle parle. Tétraplégique après un accident en 1987, elle a, pour ses cinquante ans, souhaité rendre grâce à Dieu d’être à nouveau debout sur ses jambes en ralliant Compostelle. 52 jours de marche en juin et juillet 2001, avec des étapes quotidiennes allant parfois jusqu’à 47 km, lui ont permis de découvrir le Chemin.


Vous avez cheminé seule jusqu’à Compostelle, en juin 2001 entre le Puy-en-Velay, que retire-t-on d’une telle expérience ?

«J’ai marché 52 jours, et j’ai fait en sorte d’arriver pour la fête de Saint-Jacques. Si je suis partie seule, je n’ai jamais été seule. C’est incroyable le nombre de rencontres que l'on peut faire et le nombre d'échanges que l’on a avec des gens de toutes sortes et de tout niveau social. Des SDF, des enseignants, des chefs d’entreprises, des Danois ou des Belges. On se parle et parfois on se retrouve trois semaines plus tard. C’est la magie du Chemin, on fait tous la même chose, avancer, mettre un pied devant l’autre. On est tous animés par ce besoin basique de se nourrir et de s’héberger.
Et puis il y a le bonheur d’être à l’extérieur, au contact de la nature.»

Mais il y a parfois des doutes ou des craintes ?
«Ce que l’on redoute c’est le pépin de santé qui va vous empêcher d’avancer. L’angoisse de la tendinite. J’ai failli en avoir une, par chance j’y ai échappé. »

La signification de ce pèlerinage, pour vous n’était sans doute pas le même que celle d’un pèlerin médiéval où l’expiation jouait un grand rôle ?
«Effectivement,moi j'y suis allée pour dire merci, exprimer d'une certaine façon ma reconnaissance de me retrouver à 50 ans debout sur mes jambes plutôt que d’expier des fautes comme c’était souvent le cas au Moyen-Age. Dans les motivations, il y avait aussi une forte envie de découvrir l'effet de vivre 2 mois avec un sac à dos, face à soi même surtout lorsque l'on n'existe que par le travail.»

L’engouement pour le Chemin de Saint-Jacques ne se dément pas, cela ne doit pas être simple à gérer en Aveyron ?
«Il y a encore beaucoup de travail à faire sur l’accueil et la signalétique. S'il est important de maintenir une diversité de l’accueil proposé dans une étape -des foyers pour pèlerins en passant par les campings, les gîtes, les chambres d'hôtes et les hôtels de catégorie supérieure- le problème surgit lorsque des gens viennent en voiture et souhaitent se loger dans des foyers réservés aux véritables pèlerins. Par ailleurs, nous sommes parfois confrontés à des gens qui voudraient tout avoir, des équipements etc..Or, nous tenons à conserver au chemin toute son authenticité. »


 

 

L'apport de Saint-Jacques à l'Aveyron.

Entre le retour aux fondamentaux lié à une perte de repères, la recherche de la forme physique et le classement du Chemin au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, bien des facteurs contribuent à l'engouement pour le Chemin. Et le Nord Aveyron, sur la Via Podiensis, avec ses étapes phares d’Aubrac à Conques profite directement de cet engouement. Le Chemin amène aux étapes Aveyronnaises telles qu’Estaing, Espalion ou Golinhac des dizaines de pèlerin. «Une ville comme Estaing voit passer en moyenne 70 marcheurs par jour, durant cinq mois. Je fais une grande partie de mon chiffre d’affaires grâce à eux. » confie Rémi Catusse, patron de l’Hôtel Aux Armes d’Estaing, dans la ville du même nom. Mais les vrais pèlerins, ceux qui font la route de bout en bout, sont plutôt rares à peine 5% de l’effectif, la plupart du temps les gens marchent par tronçons. Et les tronçons aveyronnais sont très appréciés. Surtout, en cette année jacquaire.

"Il n'y avait point de pèlerin qui ne revîntdans son village avec quelque préjugé de moins et quelque idée de plus."
Chateaubriand à propos d'Aubrac (lire l'extrait).

 

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