
Juste
au pied de Conques, au droit d'un gué
du Dourdou, l’ancien moulin de Cambelong,
où l’on pressait autrefois
noix et châtaignes, est devenu une
maison chaleureuse. Hervé et Dominique
Busset qui en ont pris les rênes en
1999 n’y sont pas étrangers.
Ils
se sont judicieusement répartis les
tâches pour faire d’une halte
au Moulin de Cambelong une parenthèse
de grâce et de légèreté
qui fait oublier les embarras de la vie
et les troubles de la planète…De
fait, le Moulin de Cambelong ne déplaira
pas aux romantiques de tous âges.

Dominique, la Charentaise, a ramené
de sa province cette sensibilité
des grandes maisons chères à
Mauriac, avec leurs meubles patinés,
leurs colombages apparents et leurs tissus
chatoyants. Ici, chaque chambre a sa propre
personnalité.
A
Cambelong, la décoration se fait
légère, elle fait appel aux
détails mais aussi la lumière
qui inonde chambres et salons. Cela permet
de profiter à chaque instant des
reflets de la rivière et de la luxuriante
végétation aveyronnaise qui
pousse dans cette vallée du Dourdou.
Et à Cambelong la nature est reine.
Une vision de la nature chère à
Jean-Jacques Rousseau.
Aux
fourneaux le Périgourdin, Hervé
Busset, a décidé de sortir
des sentiers battus de la gastronomie classique,
et de répondre à l’appel
de la nature sauvage. Evidemment, pas n’importe
comment. L'ami botaniste François
Couplan, qui a aussi travaillé avec
le chef savoyard, Marc Veyrat, est venu
découvrir la flore aveyronnaise et
l’a initié à la pratique
et au travail des plantes sauvages. Un travail récompensé puisque en 2007, le Guide Michelin lui a décerné sa première étoile.
Tous
les jours, Hervé Busset part avec
son panier à la recherche d’épiaires,
de pointes d’orties et autres bourraches.
En homme des Lumières, il a planté
son herbier qui s’aligne le long du
sentier qui mène à son moulin.
De quoi apprendre à distinguer parmi
d’autres la mélisse de la pimprenelle…
La
cuisine des plantes dans ce haut lieu de
la civilisation médiévale
qu’est Conques, c’est assez
cohérent. Jamais autant qu’au
Moyen Age (certes pour cause de lendemains
improbables et de disettes fréquentes),
on n’a recouru aux plantes sauvages
dans l’alimentation.
Dans
sa démarche, Hervé Busset
prend garde à éviter deux
pièges : jouer la simple décoration
en posant un brin d’herbe, ou encore,
sous prétexte de manger des plantes,
tomber dans le n’importe quoi en oubliant
les harmonies des saveurs. Ainsi mitonne-t-il
sa truite fario de Conques à la fleur
de sureau, ou encore accommode-t-il l’aspérule
pour parfumer sa crème anglaise,..
Quant
à la bourrache, au goût délicat
d’huîtres et de concombres,
il lui fait accompagner du vrai porc fermier
élevé en plein air et nourri
aux châtaignes comme on a longtemps
fait dans le pays conquois. De quoi rassurer
les amateurs de terroir aveyronnais qui
apprécieront par exemple sa façon
d’accommoder son boudin de Conques.
Alors sur la route de Conques, pensez à
vos papilles et offrez leur une halte à
Cambelong.