Début
XII° siècle,
la forte croissance démographique,
la nécessité d'organiser
la vie sociale
et économique
incitent les seigneurs, évêques et rois
à développer
une politique
d'aménagement
du territoire.
Ainsi naissent dans le Sud-Ouest, entre 1229-1373,
quelque 315 bastides.
Dossier
réalisé par l'association des bastides
du Rouergue
Photos
© OT Villefranche
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| Ces
villes nouvelles du Moyen Age, au plan régulier
et novateur, constituent des ensembles architecturaux
exceptionnels. Leur plan urbanistique alterne
rues droites et parcelles d'habitation de
dimensions égales. |
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Trois de ces bastides sont situées
dans les Gorges de l'Aveyron : Najac,
Villefranche-de- Rouergue,
Villeneuve-d'Aveyron.
Une dans le Ségala : Sauveterre-de-Rouergue.
«
Situé à l'ouest de l'Aveyron,
le Pays des Bastides du Rouergue comprend
quatre sites majeurs (Najac, Sauveterre,
Villefranche et Villeneuve) implantés
sur des terroirs fortement distincts
(Causse et Ségala, faille et
gorges de l'Aveyron) qui furent enrichis
par la présence d'importants
couloirs commerciaux (présence
de mines de cuivre-argentifère,
culture du chanvre, du lin, travail
de la laine) et par le phénomène
du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle,
pour lequel certaines bastides servirent
de haltes.
En
fait, l'originalité fondamentale des
Bastides du Rouergue réside dans leurs
plans d'urbanisme novateurs et leurs caractéristiques
morphologiques particulières, souvent
dictées par la topographie, les contingences
économiques, religieuses et militaires.
Au tracé linéaire et accidenté
du bourg castral de Najac - commandé
par une puissante forteresse des XIIe et XIIIe
siècles - dont l'extension en bastide
permet d'aménager un quartier neuf
le long d'une étroite et longue place
de marché, ou à la bipolarité
du village de Villeneuve, étiré
entre le prieuré roman (sauveté)
et la place des Conques où se concentrent
de belles demeures des XIIIe-XVe siècles
(bastide), les bastides de Sauveterre et de
Villefranche répondent au contraire
par un urbanisme volontaire, résolument
planifié et géométrique:
les rues et les ruelles savamment hiérarchisées
qui délimitent les parcelles ou îlots
d'habitation se coupent à angle droit
et aboutissent à une grande place centrale
entourée d'arcades (couverts) où
se concentraient les activités économiques,
politiques et judiciaires de la ville.
Un
urbanisme nouveau
Au
début du XIIIe siècle, la forte
croissance démographique, la nécessité
de mettre en valeur des terres agricoles jusqu'alors
peu exploitées, le souhait de développer
des marchés et des foires favorisant
les échanges économiques et
d'organiser la vie sociale incitent certains
seigneurs laïcs (châtelains, comtes)
ou religieux (abbés, évêques)
ainsi que les rois de France et d'Angleterre
à développer une véritable
politique d'aménagement du territoire.
Ainsi naissent dans le grand Sud-Ouest (entre
Gironde et Pyrénées, Rouergue
et Languedoc), pendant une période
de paix relative de 150 ans (1229-1373), quelque
315 bastides, villages neufs ou villes nouvelles
caractérisés par un plan d'urbanisme
généralement régulier.
Qu'elle soit construite sur un plateau, une
colline, dans une vallée ou le long
d'un fleuve, la bastide s'apparente à
un vaste quadrillage composé de parcelles
d'habitation souvent identiques (îlots
ou moulons), divisées par un réseau
complexe de longues rues se coupant à
angle droit, dont les plus larges (rues charretières)
aboutissent à la place, aménagée
au centre de la ville. Cette nouvelle conception
rationnelle et géométrique de
l'espace urbain - qui puise sans doute ses
racines dans les villes du monde gréco-romain
- qui prend la forme d'un véritable
lotissement médiéval, vient
parfois se greffer sur des sites plus anciens,
telles les sauvetés (villages de l'époque
romane construits autour d'un prieuré
ou d'un monastère dont des croix de
pierres assuraient aux habitants un espace
de paix et d'inviolabilité) ou les
bourgs castraux, (villages constitués
sous l'aile protectrice d'un château
fort) créés pendant les XIe
et XIIe siècles. »
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