
Chez Eiffage, pas question de badiner sur la ferraille
surtout lorsquil sagit de construire des
piles dont la plus haute, la "P2"atteindra
245 mètres sous le tablier d'acier et sera
encore surmontée d'un pylône dont le
faîte atteindra les 343 mètres. Un bon
béton, bien homogène et sans fissure,
cest dabord un bon ferraillage.
Les bunkers, érigés voilà plus
de 60 ans par lorganisation nazie Todt sur les
côtes françaises témoignent encore
de leur résistance à lépreuve
du temps et des tempêtes.
Le squelette métallique de louvrage en
érection est lune des conditions essentielles
de sa future souplesse. Sur place, on l'affirme :
le viaduc est conçu pour résister à
des vents de 350 km/h. Inutile de préciser
que les treillages de béton utilisés
nont pas grand chose à voir avec celui
des pavillons de banlieue
Les tiges sont assemblées
en cage de plusieurs tonnes et posées par les
ferrailleurs avant dêtre immergées
à grands coups de godets remplis de béton
et servies par les grues dans leur sauce grise.

Un beau béton, cest un bon coffrage,
propre. Un béton qui doit être «
bien vibré » ne doit pas montrer de traces
des couches déposées. Une fois ôté,
le coffrage doit laisser une surface parfaitement
lisse. Cest dautant plus important pour
le pont de Millau, quon n'a pas prévu
de peinture mais un aspect brut de décoffrage,
exempt de taches et de défauts.
La
responsabilité du coffrage appartient aux coffreurs
qui recourent ici à une technique assez particulière
dite de coffrage auto-grimpant. Autour de la pile,
des panneaux dacier de quatre mètres
sont arrimés à l'ouvrage déjà
édifié par un système de sabots.
Une fois le béton coulé et sec, on décolle
les panneaux de coffrage. Les ferrailleurs posent
fixent alos leurs paquets de treillages sur cette
nouvelle base. En août 2002, les piles prenaient
en moyenne huit mètres par semaine.
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du reportage