> La Terrasse des Ternes -Paris 17
Il ne faut pas se fier aux apparences. Derrière une grâce féline, Sandrine Miquel dissimule une personnalité de vraie bougnate contemporaine. Ainsi, c'est elle qui prépare ses grandes plaques de choux farcis avec une recette secrète pour la farce qui intègre de la graisse d'oie et de la poitrine fumée. Ce jour-là, les clients de la Terrasse des Ternes se délectent.

Aussi loin qu'elle se souvienne, la cuisine et la pâtisserie ont toujours été les passions de cette Aveyronnaise de la 2ème génération. Faut-il y voir l'influence du père, originaire du Villefranchois, et grossiste en salaisons qui, durant des décennies, livra des centaines de bistrots de la Capitale ? Après un bac pro au Lycée Hôtelier du Château des Coudraies, elle a représenté son école durant deux mois à l'école de cuisine japonaise de Sapporo. Elle y a appris à découper le Fugu, poisson mythique nippon que l'on ne manie qu'avec des baguettes d'argent car elles changent de couleur au contact de son poison.

Forte de son expérience, Sandrine Miquel aurait parfaitement pu décliner une cuisine d'élite. Mais - est-ce dû au sang qui coule dans ses veines ?- c'est dans le bistrot qu'elle a exprimé le mieux son talent et son savoir-faire. Avec son mari espalionnais, elle a déjà tenu pas mal de brasseries. Sa Terrasse des Ternes est son dernier-né. Elle y a mis une bonne part de sa personnalité.

Dans cet établissement de l'avenue des Ternes, elle déclare faire un "bistrot d'aujourd'hui" ? «Un bistrot résolument aveyronnais qui tient compte des tendances actuelles.» Sans doute fait-elle référence à la cordialité du service ou à la liberté de choix. Quel que soit le moment de la journée chacun est libre de picorer dans la carte brasserie, qui, une "Tartine Double Aveyron", qui un confit de canard plus roboratif.
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Sandrine Miquel respecte à la lettre les grands principes de la liturgie bistrotière. Un bon rapport qualité-prix -rare dans le quartier- qui ne renie pas ses racines. Frites maison, pain frais, viande d'Aubrac ou du Cantal, et charcuterie savoureuse de Bories à Plaisance, vins francs de comptoir qui mettent en joie comme ce Château languedocien du Puech-Haut. |
Le Rouergue Burger (12,50€) (ci-dessus) est une belle synthèse de l'esprit qui anime Sandrine Miquel. Sa viande hachée d'Aubrac n'est pas servie sur un pain spongieux mais sur du pain de campagne et coiffé d'un œuf à cheval.
Quant à la décoration du bistrot, elle se signale par des bandes rouges et grises déclinées le long de murs parsemés de tableaux d'un peintre ami. Tout cela donne un environnement aussi apaisant qu'élégant. Bref, il n'est dès lors pas étonnant que la Terrasse des Ternes ait tout de suite trouvé son public et fait le plein. |