Quand Metro Cash & Carry défend les petits bistrots contre les vilains entrepositaires...
L'ouverture du 2ème magasin Metro à Bercy réservé aux grossistes et CHR en juin 2011 peut être analysée à la lecture de la tribune de Pascal Gayrard publiée voilà un an dans le Monde. Elle ne manque pas de saveurs.
Ce texte (lire ci-contre) rédigé par le directeur général de Metro Cash & Carry France peut se lire comme une déclaration de guerre aux réseaux d'entrepositaires dans lesquels des dynasties auvergnates sont passées maîtres (Tafanel, Richard, Bertrand..) Avec au centre de la cible, les fameux contrats de bière qui prévoient un engagement pluriannuel en contrepartie d'avantages (équipements, devantures etc..) Ces contrats ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Depuis des décennies, ils ont permis à la profession de bâtir des réseaux puissants. Inversement, ce dispositif a permis de mettre le pied à l'étrier à bien des jeunes bougnats qui n'auraient jamais pu satisfaire aux ratios exigés par des banquiers français toujours frileux.

On a rarement vu la grande distribution jouer le jeu des indépendants tant la rentabilité d'un groupe comme Metro suppose la massification des flux et la maximalisation du profit. Et cette dernière se fait toujours sur le dos des producteurs. Comme en témoigne notamment le rapport paru en juin de l'Observatoire sur la formation des prix.
Sans parler du risque d'uniformisation des assiettes. Pour donner un exemple très concret, il n'est pas sûr que l'on retrouve de l'agneau du Quercy ou d'Aveyron sur les linéaires de Metro contrairement à celui de la Nouvelle-Zélande… Quant aux vins des Vignerons d'Olt ?

En savoir plus sur l'ouverture du magasin Metro à Bercy
Metro fait feu de tout bois, y compris dans la formation.
Le 5 juillet 2011, l’Umih et Metro ont signé un accord pour proposer des actions de formation. L'Umih va proposer dans son catalogue des modules spécifiques proposés par Metro Cash & Carry France. De son côté, Metro s’engage à mettre à disposition des adhérents de l’Umih ses formateurs spécialisés. La lecture prend un sens différent quand on sait que l'UMIH syndicat patronal du CHR, est majoritaire en France, mais pas sur Paris où le Synhorcat -rival de l'Umih- est de loin le premier, et compte dans ses rangs nombre d'Aveyronnais de la limonade,du petit bistrot aux Costes... |
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Extrait d'une tribune publiée dans le Monde le 27 juillet 2010 intitulée "Non le bistrot du coin n'est pas condamné" et signée Pascal Gayrard Directeur général du grossiste Metro Cash & Carry France
«Aveyronnais, né dans ce milieu puisque mes parents tenaient un café, et aujourd'hui directeur général en France de Metro Cash &Carry France, .. je suis certes touché par ces témoignages de sympathie à l'égard d'une profession durement éprouvée et en réel danger si elle ne réagit pas rapidement.
... Non, la disparition progressive dont la presse se fait l'écho n'est pas due d'abord a l'interdiction de fumer dans ces établissements, ni même à la crise économique! Non, le remplacement du troquet du coin si convivial par une agence bancaire n'est pas une fatalité ! Il est temps, je crois, de rétablir un certain nombre de vérités.
A commencer par celle-ci : la fréquentation et le chiffre d'affaires des cafés ont commencé à baisser inexorablement bien avant l'entrée en vigueur de la loi antitabac et la crise économique, même si l'une et l'autre ont évidemment eu leur incidence.
… le fameux bistrot du coin se meurt de s'être laisse dessaisir de son indéniable compétence au profit d'autres professionnels mieux organisés – enseignes, chaines…
Facteur aggravant: peu de fournisseurs des cafetiers ont anticipé l'aide qu'ils pouvaient leur apporter dans cette conjoncture difficile, et certains ont préféré se tourner vers les chaines, privant ainsi les cafés-bars de l'organisation et de la logistique nécessaires pour rebondir. Dans cette période d'adversité, certains cafés ?à la française? ont aussi perdu leur âme. Décor ?BCBG?, ambiance pub, lumière tamisée ou psychédélique et profonds canapés club ne remplaceront jamais pour les consommateurs de tous âges, la qualité d'un ?plat du jour? bon marché, le goût d'un bon café noir, la saveur d'un sandwich de pain frais ou d'une vraie pression servie ?sans faux col?.
Ce métier s'est fait voler la qualité d'un expresso par des fabricants de machines ou celle d'un ? jambon beurre ? par les rayons produits frais des grandes surfaces. Quant au traditionnel?plat du jour?, blanquette de veau ou petit salé aux lentilles, le voilà qui disparait au profit des formules proposées par les fast-foods !
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Arrêtons de tirer sur l'ambulance en ne faisant que des constats, et arrêtons d'assimiler un peu trop facilement "bistrot du coin" et alcool, au même moment où il est si facile d'acheter ce même alcool dans les stations-service.
Au contraire, j'aimerais bien voir de nombreux fournisseurs se mobiliser comme nous le faisons pour laisser aux cafés leur indépendance en leur apportant un support personnalisé, adapté au village ou au quartier dans lequel il est installé…»
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