> Reportage à la conquête des cafés

Que feraient les patrons de café sans leurs épouses ?
Elles veillent au grain, tiennent la caisse, détendent les clients stressés. Pour réussir dans son bistrot, mieux vaut compter sur une moitié, elle-même originaire du pays ...

Suzy et René Oustry, propriétaires du café La Tour à Montparnasse.

Café, bistrot, une affaire de couple. Ce n'est pas d'affronter l'inconnu qui fait peur à l'Aveyronnais, c'est surtout de ne pas pouvoir compter sur quelqu'un quand il se lance dans une aventure. Inutile de tenter l'aventure du bistrot si l'on n'est pas deux sur le coup.

François Bas et sa femme Hélène, de la Chope Daguerre dans le 14e.

Les jeunes générations de bistrotiers n'y coupent pas qui travaillent le plus souvent en couple.

Et parfois lorsque l'on s'interroge sur le fait de savoir pourquoi des serveurs âgés d'origine aveyronnaise n'ont pas franchi le pas de la gérance d'un bistrot, c'est aussi bien souvent parce qu'ils sont restés célibataires, et n'ont pu s'appuyer sur le meilleur des partenaires, une épouse.

D'ailleurs la question de l'épouse est toujours posée par le banquier ou le courtier lorsque l'on se lance dans une affaire.

Mais couple ne veut pas forcément dire, que l'on travaille avec sa femme. Il existe des cafés où l'on préfère le frère à l'épouse pour travailler. « Travailler avec sa femme à bout portant, c'est se condamner au divorce », explique pour sa part, un jeune patron.

 

 

 

 

 


Trouver l'âme sœur aveyronnaise, une affaire de longue haleine.

Les Aveyronnais de Paris des bistrots ont une vision générationnelle.

Ils s'emploient, dès le plus jeune âge de leurs enfants, à se préoccuper de leurs fréquentations.

Dans cette optique, folklore et tradition sont d'un grand secours.
Les parents n'hésitent pas à délaisser quelques heures leur zinc, pour lancer leurs enfants, parfois très jeunes, dans le lit du folklore aveyronnais et les bandes de bourrée. Lire à ce sujet notre dossier mariage.

C'est le samedi que ces petiots, parfois âgés de cinq ans, sont conviés aux répétitions folkloriques où ils apprennent les pas des bourrées qu'ils exécutent, costumés, lors des banquets des amicales.


En plaçant leur progéniture dans ces groupes de folklore, les parents, qui les ont eux-mêmes fréquentés enfants, forment le vœu secret qu'ils choisiront plus tard un conjoint issu du milieu aveyronnais connu depuis le plus jeune âge.

Ainsi pas de mauvaise surprise. Les banquets d'Amicales et les danses qui les suivent à Paris ou au pays font le reste.


On le voit, ces stratégies d'alliances sont encore plus précoces que celle de la haute société parisienne avec ses rallyes d'adolescents.
Mais, contrairement à ces dernières, elles ont moins pour but de trouver un bon parti, que de trouver une âme sœur qui partage les mêmes valeurs et sur laquelle on pourra s'appuyer.

Cela existe aussi, même chez ceux qui ont les meilleures situations, lorsque les enfants des grandes affaires de café épousent ceux des plus belles affaires parisiennes.

 

 
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