| >
Ma Bourgogne, Paris
4 ème |

Tenir
une affaire depuis 25 ans qui s’appelle
Ma Bourgogne, quand on est du Viaur, cela
n’a jamais gêné Aimé
Cougoureux. La rebaptiser aurait été,
à ses yeux, un crime contre le
bon sens et l’histoire du Marais.
Car si l'affaire existe à cet emplacement
depuis la fin du XVIIIe siècle,
elle s'appelle Ma Bourgogne depuis 1939.
Sous les arcades de la place des Vosges,
elle a acquis une renommé
mondiale. Pivot
du quartier, elle symbolise pour
les riverains et les touristes l’archétype
du bistro terroir et de qualité
de Paris.
Aimé
ne craint pas de confesser qu’il
n’a pas la religion du pays. Il
a beau connaître des dizaines de
dictons en patois, il n’aime que
Paris, son bruit et sa fureur. «M’enlever
Paris, ce serait comme m’enlever
ce que j’ai de plus cher…
!» Lui qui aurait dû reprendre
la ferme paternelle l’a finalement
laissée à son cadet. La
naissance de son fils, alors qu’il
était âgé de 19 ans,
l’a poussé vers Paris.
Comme
d’autres, l’huile de coude
a été longtemps son seul
capital. Il a été garçon
dans bien des affaires avant d'aboutir à cette adresse
mythique. Attention, Aimé n’oublie
pas son pays, il fait travailler les ébénistes
de Rodez comme en témoigne son
comptoir avec les grappes sculptées
dans le bois, il en va de même naturellement
pour les
charcuteries de Boscus.
Debout
18 heures par jour, il a l’œil
sur tout, la façon dont une table
est dressée ou une assiette présentée.
Malheur au garçon dont le client
n’a pas fini l’assiette, Aimé
voudra savoir pourquoi. Ce type est un
fou de la qualité et un perfectionniste,
presque un maniaque. Deux fois par semaine,
à 2h30 du matin, il file à
Rungis à bord de son camion frigo.
Il ramène fraises de bois, tomates,
viandes et charcuterie de chez Mas. Il
a un rapport sensuel aux matières
premières, il peut vous parler
des choux fleurs ou du goût d’une
blonde d’Aquitaine durant des heures.
Il a la religion de la fraîcheur,
et ne rechigne pas à éplucher
lui-même haricots verts ou écosser
les petits pois.
La
grande spécialité de Ma
Bourgogne, c’est le Tartare. Un signe qui ne trompe pas,
le hachoir est juste à gauche en
entrant. Le bœuf est
haché à la commande et préparé
par Aimé en personne, encore que
son épouse Thérèse,
originaire de Campuac ait aussi son fan
club. Mais d’autres plats canailles
valent le détour : Andouillette,
Tripous, Petit Salé. Les petites
faims ont un vaste choix de salades et
les amateurs de produits iodés
de vrais et bons poissons type haddock,
lotte, raie comme on les aime dans les
brasseries.

Quand aux vins, Aimé met un point
d’honneur à satisfaire tous
les goûts. Les amateurs de grands
noms bordelais , Médoc, Pauillac,
Pomerol, de Bourgogne, Puligny Montrachet
ou Corton Charlemagne sans parler des
Côtes du Rhône. Mais dans
sa sélection de la semaine, il
déniche les petits producteurs
qui vous sortent des merveilles, des vins
pas trop filtrés et sans souffre,
ce qui évite de vous mettre la
tête à l’envers. Ce
n’est pas le genre à mettre
ses bouteilles à côté
du percolateur pour que le vin soit chaud
lorsqu’il est servi dans votre verre.
Un perfectionniste, on vous a dit.
|
|
|
|
Ma
Bourgogne
19 place des Vosges
75004 Paris
tél : 01 42 78 44 64
Ouvert tous les jours de
8 h à 1h30 du matin.
English
version
Côté
Place, l’autre face d’Aimé

Ma Bougogne, c’est du pur “tradi“
comme disent les gens in ! il y a aussi les “trendy“
en quête de tendances, de couleurs et de
nouvelles déco. Et pour ceux-là
Aimé a créé, de l’autre
côté de la rue, dans une ancienne
galerie d’art, un drôle d’endroit
baptisé Côté Place. Salon
à la déco luxuriante plutôt
jungle et fauve, lampadaire en sculpture de feuilles
de vignes, photophores romantiques, fauteuils
couleur fauve, grands verres à dégustation
et ambiance feutrée. On vient Côté
Place, plutôt en complice, papoter ou souffler
après des courses haletantes dans le marais.
Le côté Place est le genre d’endroit
où l’on peut manger à toute
heure, uns gros mille-feuilles, un Paris Brest,
ou boire un verre de Morgon. Encore qu’il
y ait aussi de la Bruschetta et de délicieuses
salades à picorer. |
|
|