Quand on file entre Bastille et République, on aperçoit le Cirque d’Hiver, et puis juste de l’autre côté du boulevard du Temple, un bistro à la belle devanture jaune. Avec un nom qui sonne si bien, le Barricou.
Première bonne impression qui se renforce quand on pousse la porte du lieu. Car outre la chaleur du lieu diffusée par les lumières chatoyantes des abat-jours, on perçoit une ambiance de vrai bistro parisien. Le Barricou est un lieu de brassage social. Le genre d’endroit où l’on entame sa bouteille au comptoir avec les amis avant de l’emmener à table. Ici, c’est le bistro de quartier où l’on s’appelle vite par son prénom.
Bistro de quartier et maison Aveyronnaise aussi. Le patron a d’ailleurs du mal à le cacher. Il y a les photos du pays collées au comptoir. Il y a aussi et surtout sa vraie bouille de Rouergat : une bonne tête avec des sourcils broussailleux chapotant des yeux sombres.
Aidé de son épouse Sylvie, originaire de Chinon (ce qui ne gâte rien pour un bistro à vin), c’est un vrai bougnat du XXIeme siècle qui a suivi le parcours des anciens avec brio et talent.
Voilà douze ans, cet originaire de Montézic était encore menuisier au Pays. Monté à Paris, à vingt ans pour voir autre chose, un copain de bringue lui propose un jour un boulot de plongeur. Début d’un engrenage fatal qui le voit devenir barman puis serveur durant quelques années avant de reprendre une gérance libre du côté du Colonel Fabien. A coup d’huile de coude, il parvient enfin aux manettes du Barricou en 2001,. Deux ans plus tard, il y décroche la bouteille d’Or 2003 décernée par l’Association Tradition du Vin.
Michel Gineston ne cultive pas le côté Aveyronnais pour la frime. “Les Parisiens qui descendaient l’été au pays, ce n’était pas mon truc. Et voilà qu’aujourd’hui, c’est moi qui suis devenu un Parisien” explique-t-il sous forme de clin d'œil. Un Parisien qui n’oublie pas ses racines, le Jeudi à Belleville pour les quilles, le dimanche au club de foot Aveyronnais. Vice-président de l’Amicale de Montézic, comme d’autres de sa génération, il plaide le changement notamment pour les banquets afin d’attirer davantage de jeunes du pays ou de Paris vers l’amicale. Ce qui n’est pas, on le sait, le plus facile.
Au Barricou, il y a les produits du pays. Il y
a du veau du Ségala et des charcuteries
signées le Manoir Alexandre. L’aligot
se sert en hiver.
Chaque midi, on trouve une formule, plats du jour
plus entrée ou dessert à 10,20€.
Ce qui par les temps qui courent devient à
Paris, plutôt rare.
Quant
à la sélection des vins, la plupart
des vignobles de France sont représentés.
Et les crus sélectionnés font la
part belle aux vignerons indépendants.
Vin au verre à partir de 2,50€.