
Voilà un bistrot de quartier aussi chaleureux au comptoir qu’en limonade ou à table. Un endroit qui cultive le goût du terroir et la qualité sans renoncer à l’innovation, le tout à des prix serrés, formule à 11 € le midi.
On sent l’affaire sérieusement accueillante qui ne renie rien du côté populaire de ce quartier accroché aux flans de Montmartre. Question bistro, les patrons en connaissent un rayon après avoir tenu un bistro dans le XIè durant une quinzaine d’années.
Jean-Claude Fabié a un joli parcours. Avant de rejoindre le zinc, ce Ruthénois d’origine, a pris des chemins de traverses…

Fonctionnaire à Matignon sous le gouvernement Mauroy en 1981, il craque et s’embarque pour l’Afrique noire. En un an et demi, il fait mille métiers : docker sur le port de Dakar, promotion des Gauloises blondes avec Youssou N’Dour en concert, vente d’encyclopédies islamiques…il en vendra un volume à Mme Diouf la femme de l'ex-président de la république du Sénégal. Un itinéraire rimbaldien pour ce descendant du poète aveyronnais François Fabié qui n’a donc pas sa langue dans la poche au comptoir.

Avec Corinne, son épouse, elle-même fille de bougnats cantalous du 11ème, ils ont créé en 2007 cette Bande à Bon’Eau en référence au premier braquage automobile que le célèbre Bonnot commis de l’autre côté de la rue. Il est vrai que si Bonnot et ses comparses avaient connu ce bistro, ils n’auraient peut-être pas fini criblés de plomb... ils se seraient peut-être réconciliés avec la vie devant une entrecôte d’Aubrac ou une planche du bougnat (9€) avec saucisson sec, terrine et surtout un cantal au lait cru affiné à la coopérative de Pierrefort, souvenir de l’estive passée.. Sans parler de la « Faiblesse du Patron» jambon de pays, et saucisse sèche, petit Salé et Aligot, (11€). Pour se remettre définitivement dans le droit chemin, Jules Bonnot aurait pu se laisser tenter par une assiette de foie gras d'Aveyron accompagnée de tartines de Pain Moisan grillées. Dommage qu'on ne remonte pas le temps...