>Quel XXIe siècle pour les banquets et amicales ? (janvier 2001)
Après
100 ans d'existence, les amicales et leurs banquets
sont devenus des institutions.
Année
après année, la routine s'est
parfois installée et certains convives
se sont retrouvés sans plus rien avoir
à dire à leurs voisins.
D'autres ont pris leurs distances. Ils gardent
en tête des souvenirs d'esbrouffe déplaisants
ou tout était de trop, les bijoux de
Madame comme le rouleau de billets que Monsieur
exhibait au moment d'acheter les billets de
tombola sans parler de la Mercedes garée
devant la porte.
« Mais il faut souligner que le banquet
de l'Amicale a été longtemps l'unique
sortie du couple bistrotier,
qui se mettait en frais pour l'occasion, avec
un besoin de prouver sa réussite »,
tempère René Oustry, originaire
de Saint-Côme et ex-patron du café
La Tour, en haut de la rue de Rennes.
Aujourd'hui les banquets demeurent encore l'activité
phare des amicales. Cheveux gris et cheveux
blancs dominent le paysage. Les jeunes, eux,
hoquètent parfois devant le prix des
banquets, près de
500 francs par tête, tombola comprise,
qui s'explique compte tenu de la richesse des
menus et des
salles louées pour l'occasion, tout comme
les musiciens des groupes de folklore.
Acceptable
pour une soirée par an comme autrefois,
ces tarifs passent beaucoup plus difficilement
pour un jeune ménage qui veut faire d'autres
sorties.
«
Avant, avec les recettes des banquets,
on retapait le monument aux morts du village,
aujourd'hui c'est une autre problématique.
Il nous faut proposer autre chose, travailler
des liens plus étroits avec le
pays.
Ainsi
par exemple nous avons organisé
un marché de pays de producteurs
aveyronnais montés à Paris qui s'est très bien
déroulé.
Il s'agit de développer les liens
économiques entre le pays
et Paris. »
« Est-ce que ça répond
encore à une attente des gens ?
On peut se poser la question, on a l'impression
que les jeunes ne sont plus attirés
par
ce type de manifestation »,
confie Gérard Paloc, président
de la Fédération des Amicales
Aveyronnaises.
Parole
de jeune : Laurent Vioulac,
32 ans, originaire de Saint-Geniez d'Olt.
«
L'idée de base de réunir des hommes et
des femmes venues du même village et de faire quelque
chose ensemble est fabuleuse.
C'est
la manière de le faire qui est
à revoir. Les banquets où l'on passe
5 heures à table, et les tombolas
qui durent 3 heures où l'on apate
la galerie avec ses billets de
500 francs, c'est trop.
Dans
notre amicale, on remarque bien parfois le fossé
entre les générations, nous sommes environ
80 jeunes sur 400 mais ça se voit dans les salles.
Car on se débrouille pour faire monter les jeunes
du pays.
Nous
avons décidé de revenir vers les amicales
mais pour faire autre chose, pour se voir en dehors
des banquets, se voir l'été pour faire
la fête. »