Le
monde
du café parisien n'échappe pas
à cette loi d'airain du capitalisme sur
la concentration. Ce sont les beaux emplacements,
situés dans les beaux quartiers au carrefour
de deux belles avenues, et les grands noms qui
sont rachetés le plus souvent.
Ce sont eux qui ont tendance à tomber
dans le giron des grands groupes à commencer
par le groupe Flo qui avec ses Bistrots Romains,
ses Hippopotamus, et autres Petit Bofinger,
rachète à tour de bras, concurrencé
par le groupe Buffalo Grill qui a pris un petit
coup sur la figure avec la mauvaise réputation
des prions.
Hommage du vice à la vertu, on voit des
Mc Donalds à Paris prendre l'apparrence
des bistrots d'antan, avec chaises bistrots
et devantures pour distiller leurs Big Mac.
Si
la restauration ne s'est jamais aussi bien portée
que ces dernières années, la restauration
à thème mène la danse.
Dans cette course de mastodontes, les Aveyronnais
indépendants ont du mal à résister
et à ne pas succomber aux sirènes
des plus-values.
Les grands noms comme Lipp ou
la Coupole sont tombés dans le giron
des grands groupes comme Flo ou le groupe d'Olivier
Bertrand, propriétaire d'une série
d'affaires dans Paris.
Ainsi place de la République, il n'existerait
plus qu'une seule brasserie indépendante.
Il reste quand même des grands noms de
la brasserie parisienne comme Wepler
qui en dépit de son nom à consonnance
alsacienne appartient à la famille Bessières,
originaire de Pruines.
Si les légendaires brasseries,
mêmes intégrées à
des grands groupes continuent d'être des
brasseries, d'autres beaux emplacements ont
changé tout à fait de vocation
en passant des litrons aux chiffons.
C'est comme dans la chanson Rive Gauche
d'Alain Souchon, où les « marchands
malappris qui d'ailleurs ont déjà
tout pris viennent vendre leurs habits ».
Un monde d'enseignes uniformes qui transforment
tous les grands centres-villes du monde en endroits
identiques.