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En Route vers un Parc Naturel Régional d'Aubrac ? -3
Interview d'André Valadier. (suite)
Un Parc Naturel Régional d’Aubrac est-il compatible avec des projets de développement de parcs éoliens que l’on voit poindre par exemple dans le canton de Mur-de-Barrez ?
L’une des premières décisions du syndicat des communes de l’Aubrac a été de prendre position pour dire que le développement touristique et l’éolien étaient incompatibles. À mes yeux, un parc naturel identifie et caractérise un paysage remarquable, comme prévu dans les textes d’agrément. Dès l’instant où ce paysage se modifie ou se banalise, il y a dérive par rapport aux définitions légales.
Aujourd’hui, où en sommes nous ?
En mai 2006, la quasi-totalité des élus des soixante communes du “1er cercle“ ainsi que les trois Conseils généraux, les trois Conseils régionaux et l’Etat se sont réunis et ont donné leur accord de principe pour une étude de faisabilité.
On en est à l’action du comité de pilotage de l’étude qui doit ausculter le territoire, l'explorer afin de faire émerger ses traits spécifiques sur la nature, la culture, le commerce, l’artisanat, l’agriculture, l’environnement, la vie associative ou le cadre de vie. Des groupes de travail et des “personnes ressources“ issues de la société civile ont été sollicités pour concrétiser cette étape en prise directe avec le terrain. Dans une troisième phase, les Conseils régionaux et l’Etat prendront appui sur l’étude et se positionneront de façon décisive.

Un parc pour quel tourisme ?
Un tourisme de famille et de loisirs en recherche de culture, de valeurs patrimoniales et de bienfaits naturels. Les agriculteurs ont admis que l’apport du tourisme était de plus en plus déterminant pour la sauvegarde du cadre de vie et la vitalité économique. Par exemple, la fête de la Transhumance doublée du Salon du Terroir génère des questions sur l’alimentation des bovins. Sur l’Aubrac, durant toute la durée de l’Estive, c’est la nature qui prend en charge la survie des troupeaux. Tout cela agit sur la fidélité des touristes qui deviennent consommateurs militants.

Est-ce que le parc naturel peut permettre d’atténuer les conséquences de la fin de la PAC prévue en 2013 ?
Une politique agricole commune à 27 ne sera plus la même qu’à 12. La Pac 2013 ne pourra sauvegarder tous les avantages acquis. Il est admis que l’agriculture, à elle seule, ne peut plus assurer le développement du monde rural. Les piliers de l’Aubrac, tels que la race Aubrac ou le couteau de Laguiole, ont été relancés dans un esprit de résistance. Aujourd'hui, ces produits identitaires au même titre que le Fromage de Laguiole et l'Aligot de l'Aubrac fortement reliés par le tourisme, permettent de répondre à une demande animée par les désirs de ceux qui veulent bien vivre. C'est sur cette voie que l'Aubrac veut se positionner pour assurer durablement son destin.
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