Maurice Raynal et la Bande à Picasso

Interview de David Raynal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Raynal, l'ami de Picasso (4)


Interview de David Raynal donnée le 14 janvier 2008 (suite)

Après la guerre, votre grand père devient un critique d’art et le premier à consacrer un livre à Picasso ? 
En 1921, il se dit que c’est le moment de faire la première monographie de Picasso. Mais mon grand-père s’est ensuite intéressé à d’autres artistes qui ne jouissaient pas encore du même succès et qui avaient peut-être encore plus besoin d’être soutenus. Par exemple il a pris fait et cause pour le travail de Juan Gris ou celui de Fernand Léger
Il n’était pas exclusif du tout. Il s’est intéressé à Miro, qui faisait plutôt partie de la mouvance surréaliste. A l’époque, on avait encore du respect pour celui qui savait écrire. Le grand public faisait confiance aux critiques d’art. Après diverses collaborations, il devint responsable de la rubrique des Arts de “l’Intransigeant” un grand quotidien d’avant guerre plutôt de droite. Lui, ce qui l’intéressait c’était de parler des artistes. En tant que journaliste, l’action de témoigner suffisait, indépendamment de ses options politiques. 

Et pendant la Seconde Guerre mondiale ? 
Mon grand père s’est retiré dans sa maison de Quincy-Voisin s’interdisant d’écrire dans les journaux d’occupation. Quand les Allemands ont envahi la France, il a fait une dernière fête avec ses amis artistes afin de cacher et d’enterrer dans le jardin des toiles cubistes menacées de pillage par les nazis. 
Pendant la parenthèse de la guerre, il en a profité pour préparer tous les livres qu’il a publiés jusqu’en 1955 notamment avec l’éditeur suisse Albert Skira. Picasso et mon grand-père sont toujours restés amis. Le jour de la mort de Maurice, Picasso qui avait l’habitude de se répéter chaque jour le nom de tous ses amis proches, a oublié celui de mon grand-père. Dans un entretien avec un ami, il lui révéla que ce jour-là, il s’était senti coupable.

 

 

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