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Fameux rouergats
Père
Marie-Eugène 3
Le
souffle de l'Esprit Saint
La
brise légère de l'Horeb souffle sur Elie ;
dans l'Evangile, l'Esprit souffle où il veut ; et
pourtant, la Troisième Personne de la Trinité,
n'étaient le Père Marie-Eugène et les
récents développements théologiques,
fait un peu figure de parent pauvre dans l'étude
et la dévotion. Il revient au Père Marie-Eugène
l'immense et merveilleux mérite d'avoir vécu
et pensé "sous les yeux" et en parfaite
communion avec l'Esprit Saint, son "grand Ami",
comme il pouvait le
dire familièrement. La spiration fut sa respiration
et son inspiration:"Tout le monde a remarqué
probablement que quand je parle de l'Esprit Saint,
ordinairement, je m'enflamme assez facilement... Je l'appelle
"mon ami" et je crois que j'ai des raisons pour
cela. Toute ma vie a été un petit peu basée
sur la connaissance, sur la découverte de l'Esprit
Saint. Il en a été ainsi au début de
ma vie religieuse et en plusieurs circonstances où
je crois avoir été saisi par l'Esprit Saint
d'une façon vigoureuse, d'une façon absolument
certaine. Un jour même je croyais bien que j'allais
mourir."
Et
cet aveu de taille : "Quand j'ai écrit Je veux
voir Dieu, c'était pour montrer le rôle de
l'Esprit
Saint." Cela suffirait à faire de cette somme
un ouvrage fondamental. Sous la motion de l'Esprit, le baptisé
prie et agit dans la joie de la liberté aimante,
délivré d'un légalisme stérile.
Le Paraclet enseigne, vivifie, justifie par la grâce.
Consumé par cette "vive flamme d'amour",
le Père Marie-Eugène en partagea l'intimité."L'Esprit
Saint est près de moi, il est en moi. Je puis le
considérer, le regarder. Je puis avoir des relations
avec lui. Et ce qu'il y a de prodigieux, c'est à
moi de réaliser cette présence objective.
Tant que je n'ai pas fait l'acte d'amour et l'acte de foi
pour l'atteindre, ce n'est qu'une possibilité pour
moi, sa présence reste d'immensité active.
Il faut que je fasse un acte, il faut que je crée
le lien. Voilà la présence en moi de l'Esprit
Saint, voilà la présence objective."
Le
plérôme Plérôma, en grec, désigne
la plénitude. Le Dr Freud eût traduit par fantasme
ou par illusion, au choix. Naturellement - ou plutôt
surnaturellement - il n'en est rien. Dans le Christ, la
plénitude (l'absolue totalité dans l'unité)
de la réalité divine et salutaire nous est
communiquée, de manière à ce que nous
soyons, à terme, "tout en tous" (1 Co 15,
28.) Mystique, le Père Marie-Eugène ressentait
et vivait passionnément ce désir d'union à
Dieu (union
transformante) et d'unité dans le Christ total, ut
sint unum. Le Corps de l'Eglise (Tête et Membres)
est un, comme la vision béatifique unit les élus
à la Trinité dans l'Eglise triomphante.
"...
C'est la prière
où se résument tous mes désirs,
c'est le but de toute ma vie:
entraîner les âmes dans l'union et dans l'unité."Qu'ils
soient un comme nous sommes un."O Jésus,
inspirez à nos âmes ce même désir...cet
unique désir...
Nous travaillons par divers moyens
à ce but unique
d'entraîner les âmes vers l'union profonde avec
vous."
**
*
La belle gueule du Père Grialou respire l'Aveyron.
Il a tout du paysan rouergat: les traits, la stature solide,
la silhouette, le caractère bourru à l'occasion,
le sourire même. Ceux qui l'ont connu le décrivent
comme un "homme de la terre" au discours imagé,
son béret vissé sur le crâne. Selon
Georges Hubert, "ses origines rurales lui avaient donné
le sens du concret", d'où ses talents d'organisateur.
Jeune, son "accent aveyronnais si tranché"
lui causa quelques déboires; néanmoins, il
n'abandonna jamais cet "accent rocailleux" et
se souviendra, comme pour lui-même, que "Le saint
ne monte pas les escaliers sans toucher les marches... Il
monte avec ses sabots!" Un littéraire (le Père
admirait Flaubert) ne manquera pas de rapprocher cet
éternel curé de campagne aveyronnaise des
personnages bernanosiens: abbé Donissan pour l'héroïsme,
curé d'Ambricourt pour la sainteté. Mgr Guy
Gaucher, qui s'y connaît, considère le Père
Marie-Eugène comme "un grand charismatique,
dans le sens où il a toujours été à
l'écoute de l'Esprit Saint et (...) a obéi
à ses inspirations." D'autres assurent qu'il
fut "le Jean de la Croix du vingtième siècle"
tant sa paternité spirituelle féconda et nourrit
les coeurs.Comme Jean-Henri fabre, et très mystérieusement,
son destin le mena loin de la petite patrie rouergate pour
vivre et reposer, à quelques kilomètres de
distance l'un de l'autre, dans un coin du Vaucluse...
Rémi
Soulié
L'essentiel
de cet article doit beaucoup à quatre livres :
Georges
Huber, un témoin de la foi, le père Marie-Eugène,
édition Médiaspaul, 1994
Raymonde Reygue, Père Marie-Eugène de l'Enfant
Jésus, maître sprirituel pour notre temps,
Editions du Carmel, 1978
Ouvrage
collectif : Je veux demander pour vous l'Esprit-Sain, Editions
du Carmel, 1992
Ouvrage collectif : Pour lire, je veux voir Dieu, Editions
du Carmel, coll.Vive Flammes, 1999
(©
pour les images/Association de l'Olivier)
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