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Père
Marie-Eugène 2
Avec
l'aide de trois laïcs avides de contemplation dans
le monde, le Père Marie-Eugène crée
donc Notre-Dame de Vie, dont le rayonnement ne cessera de produire
du fruit sur la terre entière: Philippines,
Allemagne, Canada, Mexique, Espagne, Vietnam, Chine, U.S.A.
où le Père se rend pour fonder des Instituts.
Le 21 novembre 1973, six ans après la mort d'Henri
Grialou (+1967), Marie Pila, fidèle de la première
heure, fait approuver l'Institut par le Saint-Siège,
comme un seul Institut séculier à trois branches
autonomes (féminine, masculine, sacerdotale) inspiré
_ au sens fort - par la doctrine mariale et prophétique
du Carmel. Grâce au Père Marie-Eugène,
des baptisés peuvent désormais vivre de l'oraison
sans quitter le siècle.
Le
parcours ecclésiastique du Père Marie-Eugéne
ne l'en a pas moins mené à d'autres fonctions:
directeur de la revue Carmel, supérieur du couvent
du Petit Castelet à Tarascon, prieur du couvent des
Carmes à Agen, prieur du couvent de Monte-Carlo,
définiteur général de l'Ordre à
Rome, visiteur apostolique des Carmels de France, vicaire
général de l'Ordre, Provincial d'Avignon-Aquitaine
de 1957 à 1967.
Schématiquement,
la pensée du Père Marie-Eugène repose
sur trois idées-forces:L'union de la prière
et de l'action "Tout Ordre religieux ou Institut se
propose de conduire ses membres à la perfection de
la charité qui est l'essence même de la perfection
chrétienne et religieuse. Certains les appliquent
à la recherche de Dieu par l'amour: ce sont les Instituts
contemplatifs. D'autres les emploient aux oeuvres de charité
à l'égard du prochain: ce sont les Instituts
actifs. Parce qu'il veut à la fois embrasser le double
objet de la charité, Dieu et le prochain, par la
contemplation et par les oeuvres de zèle, l'Institut
Notre-Dame de Vie est un Institut à vie mixte."Pour
le Père Marie-Eugène, le spirituel prime tout.
A aucun moment l'homme ne doit perdre le sens de sa destinée
surnaturelle et éternelle. Il n'aura pas de mots
assez durs ni assez prophétiques pour dénoncer
la ruse diabolique de l' " humanisme athée "
pourvoyeur des charniers auquel il oppose la doctrine catholique
de la Providence. Dans son homélie du dimanche 16
juin 1963, il commente la parabole des invités discourtois
(Luc XIV, 16-24) et admoneste: "Oh certes! nous avons
à soulager la misère humaine ici-bas, diminuer
la faim physique, augmenter le bien-être dans une
certaine mesure, faire meilleures les conditions de vie
ici-bas. Nous le ferons surtout en nourrissant les âmes
du divin. Notre mission est surtout de les appeler au banquet
éternel, ne l'oublions pas. Ne nous laissons pas
troubler par les appels qui viennent d'ailleurs, qui viennent
du prince de ce monde qui voudrait faire de ce monde un
paradis, y établir des conditions telles qu'elles
nous fassent oublier Dieu, oublier la vie éternelle.
Mettons de l'ordre en notre esprit pour savoir discerner
les véritables valeurs: les valeurs temporelles qui
ont leur importance certes, et les valeurs éternelles,
les seules qui restent, les seules qui sont dignes d'être
désirées et poursuivies de façon absolue."L'oraison
constitue donc le socle inébranlable de sa doctrine;
les laïcs de l'Institut, sans abandonner leur vie professionnelle,
seront des orants ou, comme le dit le père lui-même,
des "apôtres contemplatifs." Sans cesser
d'agir, à la place sociale ou familiale qui est la
leur, sans clôture, donc, ils feront du tête-à-tête
entre l'âme et son Créateur le fondement mystique
de leur vie.
Action et contemplation, solitude et apostolat, désert
et cité rythmeront leur vie comme diastole et systole
d'un coeur unique."Il ne faudrait pas considérer
l'oraison comme un exercice accessoire; il faut la mettre
dans sa vie comme une activité que l'on estime, sinon
aussi
essentielle chaque jour que le sommeil ou le repos, du moins
comme un exercice très utile...
L'oraison,
quand on l'insère dans sa vie, y apporte un élément
d'équilibre... Le temps qui semble perdu dans l'oraison
est retrouvé par l'intensité du travail que
l'on fournit." "La solitude doit faire partie
de toute vie contemplative. Il suffit qu'elle soit intermittente,
mais d'autant plus profonde et protégée.""Les
activités de l'apostolat, et la contemplation nourrie
du pain quotidien de l'oraison, peuvent s'unir en un équilibre
harmonieux qui les purifie, les enrichit, et les féconde
mutuellement." "Cet équilibre de contemplation
et d'action caractérise le prophète et fait
l'apôtre parfait." Le Père Marie-Eugène
condamne toute forme d'"activisme", cette "hérésie
des oeuvres". Le contemplatif, lui, agit parfaitement
dans l'exacte mesure où il obéit à
la motion de l'Esprit Saint dont l'oraison est le vecteur."Marthe
et Marie se ressemblent et s'unissent pour remplir le même
office."Plus trivialement, selon les mots du Père
Marie-Eugène: "Le Seigneur est au
milieu des marmites."
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(©l'association
de l'Olivier pour les images)
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