Oh mon barbare, oh mon désespoir
«
Allah Akbar, Allah Akbar ! » Les guerriers dAnbassa,
après avoir dévasté Nîmes et
Carcassonne, déboulent en Rouergue.
Le son mat de la galopade de leurs petits chevaux berbères
et les youyous stridents ne parviennent pas à couvrir
le cri de guerre aux infidèles qui résonne
dans les vallées rouergates dans ces années
720.
Les autochtones surpris, réalisent à peine
lampleur du drame qui se joue. Une flèche
sarrasine a vite fait de se ficher dans leur moelle épinière.
Le Djihad, comme plus tard la Croisade, abolit tous les
interdits et repousse les limites de la cruauté.
Les têtes des enfants roulent sous les lames des
cimeterres tandis que les femmes hurlent de leurs dernières
forces sous les assauts sexuels des enragés. Une
fois, les Maures repartis vers le Gévaudan, il
ne reste plus âme qui vive, même le bétail
gît les quatre pattes en lair. Saint-Hilarian,
qui se trouvait à Espalion,
fut décapité par les Sarrasins. La légende
dit que le Martyre aurait porté sa tête à
sa mère...
Les
Rouergats ont beau avoir connu linvasion wisigothe
et leur installation progressive autour de Toulouse, vu
passer les tribus Vandales en route vers lAfrique
du Nord, les raids sarrasins ont suscité un effroi
sans borne. Ce nest quen lan 800 que
les choses se tassent avec lEmpire de Charlemagne.
Le répit est bref, à peine estompé
le souvenir des Maures, que voici les Vikings tout aussi
épouvantables. En 864, après avoir fondu
sur Toulouse, ils se tournent, eux aussi, vers le Rouergue.
Mais cette fois-ci, larmée de Charles le
Chauve les arrête à Connac au sud de Réquista.
La bataille devient une grande fresque légendaire.