| Vent de fronde contre le Persillé Lou Pérac
(octobre 2006)
Le Persillé de Lou Pérac est un bleu de brebis que Société s’apprête à commercialiser. C’est du roquefort ? «Non, répond-t-on chez Société, c'est un fromage pasteurisé, un brebis plus doux qui répond à la demande des consommateurs.» Un bleu de brebis qui n’a évidemment pas besoin d’être affiné dans les caves de Roquefort ni même de recourir au lait des brebis Lacaune aveyronnaises si chèrement payé par les industriels aux éleveurs.
En tout cas, depuis que son lancement est officiel, ce persillé de brebis fait beaucoup de remous autour du Combalou, (la montagne de Roquefort). Car, ce fromage mûri et affiné dans les cervelles des équipes du marketing de Lactalis n’a pas l’heur de plaire sur place aux éleveurs. Car on sait que l’AOC roquefort, première AOC historique française, c’est sacré en Sud Aveyron. Toucher au Roquefort, c’est toucher au poumon économique. Alors, on comprend volontiers qu’un fromage pasteurisé de brebis, produit par Société, premier producteur de Roquefort, sans aucune contrainte de fabrication, plus doux, pasteurisé et plus facile à vendre sur les linéaires, peut être perçu comme un danger.
«Cette initiative risque de porter un coup fatal à Roquefort,» averti un ancien cadre de Société. Jacques Bernat, le patron du syndicat des éleveurs de brebis, a demandé pour sa part à Société de retirer le projet. Une épreuve de vérité pour les éleveurs qui permettra ou non mesurer le poids et le pouvoir au sein de la filière. (lire l'interview de Jacques Bernat).
Les éleveurs et les autres industriels de Roquefort sont donc vent debout. Les premiers par la voie de leur syndicat ont demandé à Société et donc à Lactalis de retirer leurs projets. La balle est dans le camp de l’industriel, qui pour avoir dans son giron, la première AOC fromagère ne peut suivre son concurrent Bongrain, adepte "des fromages Canada Dry", type Etorki ou Saint-Agur ; des fromages qui ressemblent à des vrais fromages au lait cru AOC mais qui n’en sont pas, ce qui permet ainsi de réaliser des bonnes marges compte tenu de l'absence des contraintes de fabrication et d'hygiène. Ce qui n’est plus le cas du Roquefort dont les ventes plafonnent, la faute aux sodas et autres douceurs sucrées qui ont transformé les palais français en antichambres de la fadeur…
Suite Interview de Jacques Bernat.
©aveyron.com
2001- 2006 Reproduction interdite - Tous droits réservés.
NOUS
ECRIRE.
|