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En
bon Aveyronnais, Pierre Boscus a la religion du
goût, du travail bien fait et de la vérité
du produit. Il suffit de déguster l’une
de ses nombreuses spécialités pour
s’en convaincre.
Voilà presque trente ans, Pierre Boscus
a décidé de voler de ses propres
ailes en montant sa propre affaire à Saint-Cyprien
sur Dourdou tout près de Conques.
Et
de fait, aujourd’hui, on est loin de la
petite boucherie familiale. Entre la boutique,
l’atelier de découpe et de préparation
et l’activité traiteur Pierre Boscus,
est devenu la raison sociale d’une entreprise
qui fait travailler près de trente personnes
sur Saint-Cyprien su Dourdou. Joli bilan à
l’heure du vieillissement et de la désertification
de la campagne aveyronnaise. Et tout cela sans
recourir aux subventions ou aux linéaires
des grandes surfaces et des troubles négociations
qui accompagnent les mises en rayons. Or les produits
Pierre Boscus se retrouvent dans les meilleures
affaires aveyronnaises de Paris. Les afficionnados
ont leurs préférés. Sa saucisse
sèche fumée au feu de bois ou ses
fritons sont des best-sellers qui lui ont ouvert
bien des portes de belles affaires aveyronnaises
de Paris, comme le Bistro
Mélac dans le 11è ou Ma
Bourgogne Place des Vosges.
Pierre Boscus est sincèrement fidèle
à certaines valeurs aveyronnaises. On ne
lui vendra pas de la vache de réforme et
il n’en vendra pas. Chaque jour, c’est
encore lui qui sélectionne chaque bœuf,
chaque veau de moins de six mois élevé
sous la mère. Il travaille toujours avec
les mêmes producteurs du plateau de Sénergues,
parfois depuis des dizaines d’années.
Ses races de prédilection : la limousine
et la Fleur d’Aubrac, croisement de
Charolais et de vache Aubrac. Qu’il s’agisse
d’un bœuf, d’une canette ou d’un
cochon, Pierre Boscus jauge une bête au
premier coup d’œil. Pas étonnant,
il travaille la viande depuis son plus jeune âge.
Son père lui a inoculé le virus
très tôt. A 15 ans, il l’accompagnait
choisir les bêtes et les préparait
dans la boucherie familiale de Sénergues.
Grâce à ses produits de premiers
choix, Pierre Boscus en bon Aveyronnais réalise
également dans son atelier quelques unes
des recettes identitaires du Rouergue culinaire.
Il y a bien sûr l’aligot qu’il
réalise avec une tome de Cantal hors pair
–le même depuis des années,
précise-t-il sans pour autant citer sa
source. Il y a aussi et bien sûr ses choux
farcis, ne parlons pas de sa Morue Parmentier
qui n’est pas sans évoquer un certain
stockfish, si emblématique de cet Aveyron
occidental d’où il est natif. Est-il
besoin de préciser que l'homme a aussi
la religion des racines...
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