Synelec,
fleuron high-tech aveyronnais en redressement
Judiciaire
août 2004
Depuis
1986, ses murs d’images ont équipé
1500 salles de contrôle sur la
planète. Et pourtant Synelec,
fleuron high-tech aveyronnais a été
mis -à sa demande- en redressement
judiciaire le 4 août 2004 par
le Tribunal de Commerce de Millau. Sur
la trentaine de suppressions d’emplois
envisagées, une vingtaine toucheraient
Saint-Sernin sur Rance, pays de Victor,
l’Enfant Sauvage cher à
Truffaut, et siège social de
l’entreprise où travaillent
plus de 70 personnes, soit la moitié
de l’effectif total.
Cotée au nouveau marché,
l’action Synelec a perdu près
de 65% depuis le 1er janvier 2004. Comme
bien des entreprises exportant hors
Union Européenne, Synelec a subi
de plein fouet la baisse du dollar qui
a renchéri le prix de ses produits.
Autre motif invoqué : la dette
de l’entreprise estimée
à 1,5 million d’Euros et
qui devrait atteindre les 2,5 millions
d’Euros à la fin 2004.
Rien d’excessif pourtant au regard
de son chiffre d’affaires de 34,4
millions d’Euros en 2003. Alors
? «Alors, explique un initié
du droit des Affaires, une procédure
de redressement judiciaire permet à
une entreprise en situation délicate
de geler son endettement et de procéder
à des réductions de personnel
sans en passer par les lourdeurs administratives
-et les coûts- impliqués
par une procédure de licenciement
classique. »
Synelec semble conserver de beaux atouts
et de belles références.
Exemple: elle a signé un contrat
de 1,5 millions d’euros avec Airbus
pour un mur d’images dédié
à la ligne de production du futur
A380. Et Synelec de promettre dans ses
avis financiers des perspectives prometteuses
à deux chiffres pour la période
2004-2005. Il y a, par exemple, la nouvelle
technologie des écrans plats
TFT, qui permettent de gagner en espace
et en qualité d’image.
Encore qu’en l’occurrence
Synelec ne soit qu’ensemblier
de composants produits par d’autres.
Et dans ce monde de l’écran,
elle fait figure de microbe, comparé
aux géants comme Samsung, Sony
ou Sharp. Sa force aujourd’hui
semble moins dans le « hardware
», l’équipement lui-même,
que dans son offre logiciels et processeurs
et sa capacité à traiter
les images de différentes sources.
Il en va ainsi de sa technologie exclusive
et brevetée baptisée SynLink.
«C’est le cœur de l’offre,
confie le directeur du marketing Christophe
Nivet, une solution optimum pour l’affichage
distribué. Cela permet de gérer
des images de différentes sources
et de les traiter en tout numérique
et de manière sécurisée
tout en les présentant de façon
simple et ergonomique. » Avec
des applications multiples notamment
en matière de vidéo conférence
ou de sécurité. Une technologie
pour laquelle la société
estime le marché à 500
millions de dollars. «Car les
clients veulent des systèmes
d’affichages de plus en plus évolués.»
ajoute l’homme du marketing. Seul
bémol, Synelec n’est pas
seule au monde à travailler sur
ce type d’application...
Faire remonter simplement les images pertinentes.
Dans le monde actuel ce n’est pas l’absence
d’informations mais sa profusion qui fait
perdre la boule. Il en va de même des images
qui se multiplient à l’infini. Comment
faire le tri et faire apparaître l’information
pertinente pour agir. C’est sur ce constat
que Synelec a bâti sa stratégie.
Un exemple, pour un gestionnaire de réseau
de gaz, comment faire apparaître à
l’opérateur l’origine d’une
fuite aux conséquences catastrophiques
à court terme.
Autre exemple, comment faire remonter dans un
PC sécurité la bonne image parmi
les centaines captées simultanément
par les caméras vidéos et ce très
rapidement sous les yeux des opérateurs
d’un PC Sécurité lorsqu’une
bande de loubards s’apprête à
sévir sur toute une ligne de RER. Il faut
que le système soit capable de faire le
tri entre des milliers d’images filmées
par les caméras vidéo et mette sous
les yeux des opérateurs dans leur centre
de contrôle l’image qui va déclencher
la bonne réaction.
Dans le monde d’aujourd’hui balançant
entre délinquance et terrorisme, ce type
de produit est donc appelé à un
bel avenir.