Le
business du Sport Nature, une spécialité
aveyronnaise
Eric
Tarrusson, fondateur de Roc et Canyon et Aveyronnais
100 % pur Causse
Il est aussi sec et carré que les causses millavois
qui ont fait sa renommée. Fermer une entreprise
de transport, les Routiers aveyronnais, pour se lancer
dans le sport nature (Activités de Pleine Nature)
et faire dévaler des canyons à des gens,
ou les lancer dun pont avec une corde élastique
au pied, il fallait sans doute avoir un petit grain
à la fin des années 80. Cest en
tout cas, ce quont dû penser banquiers
et notables millavois, quand Eric Tarrusson a créé
Roc et Canyon en 1987.
Quelle est loin lépoque où
ce toqué de sport participait à lépoque
aux pubs "Hollywood chewing-gum" avec ses
copains. Depuis des milliers de cadres dentreprises
ainsi que les joueurs de léquipe de France
de Rugby sont passés entre les mains de ses
équipes pour sauter dans le vide ou se faire
des challenges. En Aveyron ou ailleurs. Quinze
ans plus tard, Roc et Canyon réalise un CA
de 610 000 € et emploie jusquà 20
personnes en été. Il a fait bien des
émules au point de faire du sport nature ou
outdoor, une spécialité aveyronnaise,
en tout cas une filière avec 200 entreprises
spécialisées. Une filière devenue
emblématique de lAveyron et de Millau.
Rien naurait été possible sans
cette matière première exclusive que
sont les Causses et toutes les facéties quils
autorisent. Mais il y a sans doute aussi ce caractère
de bon Aveyronnais qui fait son bonhomme de chemin
en croyant à son projet et passant outre le
scepticisme des notables. Ce type mérite un
coup de chapeau pour les emplois et les retombées
économiques quil amène en Aveyron.
Lhomme a le franc parler des autodidactes lorsquil
aborde lapport du viaduc pour Millau, ou lexploiation
du Lot et de lAubrac.
Une
nature,
des utillisateurs divers !
Le parapente ne va-t-il pas effrayer les vautours en train
de nicher, le canyoning empêcher la truite fario
de remonter le courant, le VTT fait fuir biches et sangliers
?
Le développement des activités de pleine
nature soulève le problème des usages divers
de la nature. Au point parfois de devenir lun des
principaux obstacles au développement des sports
nature.
«A Millau, il faut se battre en permanence pour
avoir le droit daccès au site. Si les propriétaires
privés sont libres de faire ce quils veulent
sur le site, cest plus grave, lorsque des organismes
comme lONF nous demandent un droit daccès.
Cela risque de fragiliser léconomie dune
filière qui génère des centaines
demplois. » explique Yvan Sorro, vice-
président du Syndicat des Activités de Pleine
Nature et fondateur de la société Antipodes.
Chaque année, il faut négocier, mais la
ville semble avoir pris conscience de limportance
de la filière. Et puis question protection de la
nature, il y a peut-être aussi dautres urgences,
du côté des rejets ou du développement
du bâti agricole à coups de hangars en parpaings
de béton, qui ne brillent pas par leur beauté
dans le paysage. Si chacun a son idée de la protection
et de lexploitation de la nature, un début
de synthèse serait bienvenu. A ce sujet, la grande
opération de nettoyage de la Dourbie qui devait
être organisée les 12 et 13 juin pour associer
population et professionnels, constitue un bon début
de réponse.