La
méthode traditionnelle, le fanage, une science
Madame de Sévigné, décrit le
fanage dans une lettre datée de juillet 1671
adressée à M.de Coulanges : «
Savez-vous ce que c'est que faner ?
Il faut que je vous l'explique. Faner est la plus
jolie chose du monde, c'est retourner du foin en batifolant
dans une prairie ; dès qu'on en sait tant,
on sait faner. Tous mes gens y allèrent gaiement
».
Las,
notre plus grande épistolière demeure
dune naïveté désarmante.
Car rien nest plus difficile que le foin, et notamment
de trouver le bon compromis de séchage entre
la tige toujours trop verte et la feuille quil
faut garder pour lui donner de lappétence.
Cela requiert du paysan expérience et compétence
sil ne veut pas rendre malade ses bêtes
durant lhiver ou se retrouver démuni de
fourrage. A ce propos on pourra rappeler le sens de
cette locution populaire : "quand il n'y plus de
foin dans les rateliers, plus d'argent dans le ménage.

Si les méthodes modernes, (ensilage, enrubanage
- voir plus bas,) ont réduit la vulnérabilité
face au temps, lorage qui tombe sur les foins
non rentrés et qui fait perdre la feuille et
donc la richesse du fourrage reste toujours craint.
Aujourdhui, parfois sous linsistance des
industries agroalimentaires, peu à peu les éleveurs
investissent dans le séchage en grange. Plutôt
coûteux, car il faut de la place, des ventilateurs
et des brûleurs, lorsque lair est top humide.
Certains, travaillant pour Roquefort, ont du mal à
comprendre, quils soient financièrement
pénalisés lorsquils comparent leur
sort à ceux qui font de lensilage, car
le lait des brebis élevé au foin est en
général moins riche en matière
grasse.


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