RACE AUBRAC, ATTENTION AUX CONTREFACONS
LAveyron
fait vendre, il est à la mode,
ses produits allient, dans lesprit
des consommateurs, lauthenticité
et la qualité. Malheureusement,
lAveyron ne rime pas toujours
avec bon. «A Sarlat, jai
vu de la charcuterie vendue sous létiquette
aveyronnaise, saturée en sels,
réalisée à partir
des cochons qui venaient de Bretagne
ou de Belgique » nous confiait
récemment un professionnel.
André Valadier, le président
de Jeune Montagne, sinquiète
pour sa part des projets de certains
groupes alimentaires en matière
de production daligot.
Et puis il y a les viandes.
Il y a quelques années, on avait
vu des charolaises rentrées à
labattoir de Rodez et ressorties
étiquetées en vaches dAubrac.
Aubrac. Le mot magique qui sonne pour
beaucoup augmentation du chiffre d'affaires.
Nombre de bistrots, restaurants, bouchers
laffichent sur les cartes et les
devantures. «Mais attention ce
nest pas parce quune vache
Aubrac de 15 ans dâge se
retrouve dans votre assiette que cela
sera forcément bon» souligne
Philippe-Noël Entraygues, président
du Buf fermier Aubrac. Ce label
rouge tout jeune réuni près
de 300 éleveurs. Leur cahier
des charges est draconien : ensilage
interdit, bêtes uniquement nourries
au foin, animaux nés et élevés
en principe sur la même exploitation
sur lAubrac durant neuf ans de
la naissance à labattage,
estive à 800 mètres.
Récemment, une autre marque commerciale,
la fleur dAubrac a reçu
un certificat de conformité du
produit (CCP). Celle-ci est le résultat
dune alliance entre une vache
Aubrac et un taureau Charolais.
Et puis il y a une IGP (indication géographique
protégée) viande du Pays
dAubrac qui irait jusquà
Salles-Curan. «Ce nest pas
le pays dAubrac. Cet IGP, cest
une fumisterie qui signifie Indication
géographique des politiques.
» poursuit Philippe-Noël
Entraygues. En fait, selon d'autres
professionnels, le critère est
d'abord racial et non lié à
un périmètre.
Lautre viande aveyronnaise Label
Rouge, cest le Veau dAveyron
et du Ségala. Né et élevé
sous la mère, des céréales
sont utilisées en complément
dalimentation. Des soins particuliers
lui sont prodigués pendant six
à huit mois. Sa viande tendre
et savoureuse à la couleur rosée
est particulièrement appréciée
chez nos voisins italiens.
Ces filières se font un peu concurrence
mais tant chez les tenants du Buf
Fermier Aubrac que chez ceux du Veau
du Ségala, tous déplorent
labsence dengagement de
beaucoup de bouchers envers les Label
Rouge.
La crainte selon, eux, tient dans lépée
de Damoclès que fait peser le
risque dun contrôle inopiné
à tout moment du fait du Label
Rouge. Du coup, à part certaines
grandes maisons comme Conquet,
les filières se retournent de
plus en plus vers la grande distribution
pour écouler leur production.
Selon eux, la traçabilité,
autre mot magique, serait mieux garantie
par les grandes surfaces
Tout ça peut paraître un
peu compliqué, si l'on ajoute
en plus l'apparition de la viande
Bio, pour le consommateur de prime
abord. Il nempêche. Si dans
un restaurant ou devant létal
dun boucher, vous avez un doute,
nhésitez pas à vous
enquérir de lorigine du
produit. Si lon sappuie
sur les chiffres de contrôles
qui nous ont été fournis
par la Direction Générale
de la Concurrence et de la Répression
des Fraudes (DGCRF), le taux de fraudes
constaté atteindrait environ
7 %.
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DOSSIER

Le boeuf fermier d'Aubrac (label rouge depuis 1999).
Symbole de la qualité de l'élevage aveyronnais, le buf fermier Aubrac (pure race) est nourri exclusivement à base de végétaux, herbes ou fourrage.
Les boeufs transhument sur les estives de mai à octobre à une altitude minimale de 800 mètres.
La "Viande bovine d'Aubrac" (d'origine garantie IGP) est notamment commercialisée sous les marques :
- "Fleur d'Aubrac", génisse engraissée exclusivement à l'herbe (Certificat de conformité produit - CCP),
L'Union Aubrac s'est lancée dans la sauvegarde de la souche génétique. Herd Book (1893).
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