"
Je
vais vous avouer quelque chose de grave. Je
viens de l'Aveyron. Ca choque. J'habite un petit
village, Montbazens
"
Pas
banal, d'entendre de tels monologues sur les
planches parisiennes.
Attention,
il ne s'agit pas d'un poète néo-rural
directement sorti du Causse.
Il
s'agit de Wally, un ovni de la scène
française, un inclassable homme-orchestre
et humoriste de l'absurde, dévastateur
pour les décrochements de mâchoires
qu'il occasionne lorsqu'il met en musique le
courrier des lecteurs d'un supplément
télé ou d'un grand quotidien régional.
Son spectacle a le rythme bebop et ses envolées
vocales sont dignes d'une Deedee Bridgewater.
un show qui ne ressemble à aucun autre
Acteur, chanteur. Son show hors du temps ne
ressemble à aucun autre.
Wally, 35 ans, ne se moque pas de ses contemporains
connus comme bien d'autres, c'est lui-même
le plus souvent qu'il porte en dérision.
Il
y a une chose dont on est sûr, c'est qu'il
est Aveyronnais. Le voir en banlieue parisienne
un soir humide de janvier vous requinque.Comme
si l'on avalait cul-sec une bonne tasse d'humanité
aveyronnaise.
Comme
l'histoire de ce coup de klaxon, qui lui est
destiné, un jour qu'il débouche
un peu trop maladroitement sur le périphérique
parisien. "Ma fille m'a demandé
: tu le connais Papa ? " Wally revendique
son "aveyronnité" sans faire
tourner tout son spectacle autour de ça.
Il n'est pas un comique régional. Même
s'il évoque les quilles de huit, l'Aubrac,
ou son village de Montbazens, son spectacle
va bien au-delà. "Mais attention,
je défends une image de l'Aveyron, qui
n'est pas caricaturale."
Du
Zénith aux Francofolies en passant par
le Trianon :
il affiche complet
Cet
originaire du bassin de Decazeville, pur jus,
a été professeur de chaudronnerie,
avant d'embrasser la carrière artistique
voilà quinze ans. Aujourd'hui, Wally
se produit sur les scènes de France et
depuis deux ans, sa notoriété
est croissante : Francofollies, premières
parties au Zenith, il a rempli en septembre
le théâtre parisien du Trianon.
Depuis
deux ans, les Aveyronnais d'Ile-de-France qui
en ont entendu parler n'hésitent pas
à venir le voir pour découvrir
cet étrange "collègue".
Avant ou après le spectacle, on parle
alors du pays, de la maison qu'il a retapé
de toutes ses connexions si Aveyronnaises.
Bref,
Wally a plutôt un contact simple et chaleureux.
Mais nul n'est prophète en son pays.
C'est surtout vrai pour Wally qui regrette de
n'avoir pas été plus soutenu par
le département et de ne pas être
reconnu par les politiques locaux.
"Je
ne comprends pas la politique culturelle du
département, j'ai envoyé un dossier
à tous les élus pour que l'on
m'explique la cohérence des choix qui
sont faits" explique-t-il. Mais le public
aveyronnais, lui, est bien présent. Que
ce soit à Arvieu ou à Baraqueville,
les spectacles de Wally affichent complets et
se terminent en standing ovation. Le public,
pour un comique, il n'y a finalement que ça
qui compte
Artiste complet, Wally, conçoit également
ses sculptures loufoques.
Renseignement pris, l'artiste
n'a pas été ainsi baptisé
en référence au diminutif affectueux
dont les anglo-saxons affublent souvent les
cétacés. C'est, en fait, un surnom
donné par ses copains d'enfance influencés
par un dessin animé de la maison Hanna-Barbera,
"Wallygator". Un petit alligator qui
n'arrêtait pas de s'échapper du
zoo.