Le
projet de Musée Soulages à Rodez
Enjeu politique du landerneau ruthénois
(octobre 2009)
C'est à la demande
de Marc Censi, alors maire de Rodez, que Pierre Soulages
a fait un legs d'une partie de ses œuvres en septembre
2005 à la Communauté d'agglomération
du Grand Rodez. Soit une donation de quelques 500 pièces,
dont 250 œuvres d'art. Soulages est l’artiste
français le plus cher aux enchères. Un
de ces tableaux a atteint récemment le prix de
1,52 millions d’€.
Aux termes d'un
appel d'offres, c'est un cabinet d'architectes catalans
qui a été retenu en janvier 2008 pour concevoir le
musée.
Son coût prévisionnel n’a
cessé d’augmenter : 22 millions d'euros
et un coût de fonctionnement attendu de 900 000
euros.

C’est là que
le bât blesse. La
facture a du mal à passer auprès des électeurs.
D’autant qu’en Aveyron, ils sont déjà échaudés
par d’autres dépenses comme le Centre Micropolis
voulu par l’ancien président
du Conseil général et qui coûterait
1,3 million d’€ chaque année au contribuable.
Aussi la majorité commence à se lézarder.
Christian Teyssèdre, le maire PS de Rodez, après
avoir défendu le projet, prévient qu’il
ne signera pas le permis de construire tant qu’il
n’aura pas reçu des assurances sur
le financement de l’Etat, du département
et de la région. Du coup, certains dans l’équipe
municipale demandent une reconfiguration du projet et
d’autres un référendum, autant dire
un enterrement du projet... De fait, le musée Soulages est devenu le principal enjeu politique
du landerneau ruthénois éloignant d'autant la perspective du premier coup de pioche.

A Paris, l’ancien
ruthénois Bertrand Delanoë que
nous avons interrogé soutient le projet Soulages :
«Le
musée Soulages c'est essentiel pour Rodez et l'Aveyron.
Dans trois siècles, on viendra en Aveyron pour
voir les œuvres de Soulages qu'il a léguées à Rodez.
C'est pour cela que je soutiens le maire de Rodez pour
qu'il réalise ce musée. »
Quelles retombées
?
Un musée Soulages
pourra-t-il créer une
dynamique à Rodez ? C’est toute la question.
Soulages a déjà un impact avec Conques
et ses vitraux qui ramènent chaque année
en Aveyron, 500 000 visiteurs.
Pour prendre un cas
de figure similaire, on notera que le musée Toulouse-Lautrec d’Albi attire
chaque année 150 000 visiteurs/an, c’est
trois fois la population de la ville. Le musée
Toulouse-Lautrec a entamé une lourde rénovation
depuis 2004, qui s’achèvera en 2010 pour
un montant d’une trentaine de millions d’Euros.
Sa conservatrice attend avec impatience l’érection
du musée Soulages pour monter des opérations
complémentaires sur la région notamment
vis-à-vis de clientèles japonaises. «Lautrec
et Soulages, ça sera une force de frappe évidente » explique
Danièle Devynck, Conservateur en chef du musée
Toulouse-Lautrec