COMMUNAUTÉ

Soulages Moine soldat de l'art abstrait

Interview de Pierre Encrevé, l'influence de l'Aveyron sur l'œuvre de Soulages

Le projet de Musée Soulages à Rodez

Que pensent quelques peintres Aveyronais de Soulages ?

 

Juin 2010 : Michel Bras devrait s'occuper de l'espace restauration du musée Soulages.
COMMUNAUTE
 
 

Le projet de Musée Soulages à Rodez
Enjeu politique du landerneau ruthénois

(octobre 2009)

C'est à la demande de Marc Censi, alors maire de Rodez, que Pierre Soulages a fait un legs d'une partie de ses œuvres en septembre 2005 à la Communauté d'agglomération du Grand Rodez. Soit une donation de quelques 500 pièces, dont 250 œuvres d'art. Soulages est l’artiste français le plus cher aux enchères. Un de ces tableaux a atteint récemment le prix de 1,52 millions d’€.

Aux termes d'un appel d'offres, c'est un cabinet d'architectes catalans qui a été retenu en janvier 2008 pour concevoir le musée. Son coût prévisionnel n’a cessé d’augmenter  : 22 millions d'euros et un coût de fonctionnement attendu de 900 000 euros.

C’est là que le bât blesse.  La facture a du mal à passer auprès des électeurs. D’autant qu’en Aveyron, ils sont déjà échaudés par d’autres dépenses comme le Centre Micropolis voulu par l’ancien président du Conseil général et qui coûterait 1,3 million d’€ chaque année au contribuable. Aussi la majorité commence à se lézarder. Christian Teyssèdre, le maire PS de Rodez, après avoir défendu le projet, prévient qu’il ne signera pas le permis de construire tant qu’il n’aura pas reçu des assurances sur le financement de l’Etat, du département et de la région. Du coup, certains dans l’équipe municipale demandent une reconfiguration du projet et d’autres un référendum, autant dire un enterrement du projet... De fait, le musée Soulages est devenu le principal enjeu politique du landerneau ruthénois éloignant d'autant la perspective du premier coup de pioche.

A Paris, l’ancien ruthénois Bertrand Delanoë que nous avons interrogé soutient le projet Soulages :
«Le musée Soulages c'est essentiel pour Rodez et l'Aveyron. Dans trois siècles, on viendra en Aveyron pour voir les œuvres de Soulages qu'il a léguées à Rodez. C'est pour cela que je soutiens le maire de Rodez pour qu'il réalise ce musée. »

Quelles retombées ?

Un musée Soulages pourra-t-il créer une dynamique à Rodez ? C’est toute la question. Soulages a déjà un impact avec Conques et ses vitraux  qui ramènent chaque année en Aveyron, 500 000 visiteurs.

Pour prendre un cas de figure similaire, on notera que le musée Toulouse-Lautrec d’Albi attire chaque année 150 000 visiteurs/an, c’est trois fois la population de la ville. Le musée Toulouse-Lautrec a entamé une lourde rénovation depuis 2004, qui s’achèvera en 2010 pour un montant d’une trentaine de millions d’Euros. Sa conservatrice attend avec impatience l’érection du musée Soulages pour monter des opérations complémentaires sur la région notamment vis-à-vis de clientèles japonaises. «Lautrec et Soulages, ça sera une force de frappe évidente » explique Danièle Devynck, Conservateur en chef du musée Toulouse-Lautrec

 

 

 

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Benoît Decron, conservateur du futur Musée Soulages

Il est arrivé à Rodez en juin 2009 avec femme et enfants pour s’occuper de la construction du musée Soulages. «C’est un honneur pour moi d’avoir été choisi par le musée Soulages. Et mon boulot, c’est de le faire sortir de terre. C’est ce à quoi je travaille tous les jours.»
Il est furieux pourtant qu’on ait voulu le faire passer pour le conservateur sans musée qui vit aux frais de la princesse.
Mais il s’y attendait. Il a essuyé les mêmes polémiques quand il a construit le musée de Langres.

«C’est la même chose à chaque fois. Quand on a projeté la construction d’un musée Toulouse Lautrec à Albi dans les années 20, que n’a-t-on pas entendu, qu’on allait faire un musée consacré à un dépravé et à alcoolique.»

«Il y a plusieurs temps. Le temps des journalistes, le temps des politiques et le temps de l’art qui ne sont pas les mêmes. Dans la création, il faut toujours avoir un temps d’avance.»

«La culture ce n’est pas uniquement pour Paris et les grandes villes. Ce musée, on le construit pour tout le monde et l'on créera une vie autour. »
Evidemment face à la polémique qui se développe sur le coût de ce musée et son avenir, il renvoie la question aux élus.