«Limportant
nest découter que sa façon
de penser. Cest tout le contraire que lon
fait aujourdhui dans la publicité, où
grâce aux études de marché, on
donne au client que ce quil attend alors quil
faut le secouer. Il faut toujours faire autre-chose
que le cirage de pompe, jai appris ça
avec laffiche Aspro qui est tout le contraire
dune publicité. Elle ne montre aucune
solution, mais met en scène un vrai problème.
Mais voilà aujourdhui nous sommes enrégimentés
jusquà los. Rien nest nouveau,
rien ne secoue. Il faut faire preuve dune impossibilité
de sadapter de se conformer aux règles.
Nos plus grands acteurs ont cultivé leurs défauts.
Prenez Michel Simon et sa bouillie infâme dont
sortait des sons purs. »
Ses
préceptes ne sont pas des vains mots. Raymond continue
à les appliquer journellement dans ses créations
(comme ici dans son atelier où il compose une affiche
pour le cognac Hennessy)
.
Grâce à lui, la vue se truffe de gags
visuels. Comme ici à Trouville-sur-Mer, à
qui il a su donner, avec ses mouettes emblèmatiques,
une signature visuelle éternelle. On pourra
admirer son uvre en déambulant cet été
sur les planches de la station normande .
A observer son uvre, son côté surréaliste,
on en vient à penser que la différence entre
un Dali et Savignac réside plus dans le statut social
de luvre quautre chose. Seul change dans
le cas de Savignac la volonté dallier les contraires
tout en créant dans un but commercial mais officiellement
proclamé comme tel. Mais que lon soit Savignac
ou Andy Warhol, au final un même résultat.
Une image à jamais gravée dans nos mémoires
qui marque une époque tout en lui survivant.