COMMUNAUTÉ
Sommaire

 

ILS SONT AVEYRONNAIS
- Yves Censi
- Claude Imbert
- JJ Rech
- JB. Bros
- Jo Petrucci
- A. Guibert
-I. Auguy
- U. Cancelier
- F. Lépine
- Wally
- G. Girard

-R.Savignac

SOMMAIRE
1 - Annonces
2 - Les Amicales
3 - Du côté des expatriés
4 - Ils sont aveyronnais

 

 
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> Raymond Savignac

Les Bistrots paternels, lieux de toutes les inspirations...
Son père, un “péquenot“des environs de Villefranche, comme il le souligne lui-même, avait eu le talent de séduire une jeune fille de la petite bourgeoisie de la bastide. La belle-famille ne digéra pas cette mésalliance et décréta le bannissement des tourtereaux. D’où la montée à la capitale comme des milliers d’autres Rouergats pour faire bistrot. Savignac père jeta son dévolu sur un petit bistrot ouvrier de la rue Glacière. Et Madame mis au monde en 1907, un petit Raymond.
L’enfant grandit sur le pavé de Paris. «A l’époque, les marchands de bière faisaient leurs publicités en affichant leurs noms sur des percherons formidables qui sillonnaient les rues. » Il y avait aussi l’ambiance de l’endroit où sa mère mitonnait des plats du pays, tandis que son père servait en salle aidé d'un garçon. «On y mangeait pour dix-neuf sous le midi, on servait même des demi-portions. Pour le petit garçon que j’étais, le bistrot était un excellent lieu d’observation.» Raymond va emmagasiner des visuels qu’il utilisera plus tard pour réaliser ses merveilleuses affiches. «A chaque fois que le bec de canne (la poignée) s’abaissait on se demandait qui allait bien pouvoir rentrer... »
Et quel défilé de trombines ! « J’en ai vu des pochetrons marqués par la “verte“, l’absinthe. D’autres qui chassaient la gueule de bois du matin au “blanc gommé“ (blanc avec du citron). Tout cela était très “bruandesque“ (néologisme tiré d'Aristide Bruand, NDLR). Certains habitués ne cessaient de me fasciner comme ce coureur cycliste, il avait une façon superbe de descendre de son vélo, l’élégance même. »

 

La découverte de la vie de province à Villefranche-de-Rouergue
«Dans les derniers mois de la guerre de 14-18, ma mère n’en pouvait plus des alertes, elle est retournée à Villefranche-de-Rouergue travailler dans la confection. C’est là que j’ai découvert le charme de la vie de Province où le temps s’écoule tranquillement avec ses rites. C’est ce que j’ai recherché bien plus tard en m’installant à Trouville-sur-Mer. Mais je ne l’ai plus retrouvé car les provinciaux étaient également devenus aussi frénétiques que les Parisiens» En revanche c'est peut-être à Villefranche que Raymond trouvera la silhouette de sa jolie vache Monsavon.

Paris, la source de ses frivolités...
«Mes vraies années de bonheur, celles de mon adolescence où je me suis vraiment épanoui, je les ai vécues rue des Petits Carreaux (métro Bourse) en plein Sentier où mes parents avaient repris une affaire. C’était un quartier terriblement vivant plein de chapeliers, il y avait aussi toutes les imprimeries des grands journaux. J’ai appris à fumer, à jouer au billard dans le tabac familial et plein d’autres choses qui ne servaient à rien mais qui m’ont donné goût à la frivolité. Et ça m’allait très bien… »
Raymond ne se battait pas pour aider ses parents dans le bistrot. «De temps à autre, mon père arrivait à me faire laver les verres. » D’ailleurs tenir un bistrot n’a jamais été sa vocation : «Les bistrots sont formidables lorsque c’est Audiard qui les fait parler, mais dans la vie courante, les habitués sont plutôt des gros balourds qui répètent inlassablement les mêmes choses et qu’il faut se farcir. » Raymond a toujours préféré être du côté des consommateurs. «
Moi j’ai été très Saint-Germain des Près, Deux-Magots, Lipp, avec Marcellin Cazes qui était un type extraordinaire. Il n’avait pas un tiroir-caisse à la place du cœur. »

Suite du reportage

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