> Jean-François Rouquette, chef du restaurant les
Muses - 2003
Un
homme daction Avec son physique de rugbyman et sa gueule
carrée, il aurait fait un beau motard de
la gendarmerie. Mais sa belle carcasse sert aussi
à merveille un caractère de chef.
Celui dun restaurant deux étoiles
Michelin de Paris. Pour le plus grand plaisir
de ses clients.
Ici, dans les cuisines des Muses à partir
de 12h30 heures, cest la guerre. A la tête
dune brigade de 25 personnes apprentis,
poissonniers, sauciers, pâtissiers- , Jean-François
Rouquette monte au front avec panache.
Il aime ça les défis, la pression
extrême concentrée sur un court moment
et vécue à plusieurs. Que ce soit
au foot, au judo, ou en cuisine, ce type est un
compétiteur né.
Pour lui, la cuisine nest pas une aventure
individuelle. Dailleurs ses métaphores
préférées flairent le monde
de lovalie : «Il faut
être humble dans la victoire et solidaire
dans la défaite.» Sa très
longue expérience des fourneaux des grandes
maisons étoilées lui a appris à
détecter très vite une fragilité
du moment chez un membre de léquipe
pour venir lépauler.
«On
y va ! On y va ! Faites-moi marcher un sanglier
et deux rougets ! »
« Ouais ! » répond en écho
la cuisine. A laction, il est tel un rappeur.
Au lieu de scratcher sur les platines, il dresse
les assiettes. Et de sa voix de stentor, il donne
le tempo et imprime le rythme du ballet de maîtres
dhôtel et des poêles en cuivre
sur les fourneaux.
Deux heures durant, il maintient la pression maximum.
Sil garde un il sur la cuisine gastronomique
des Muses avec ses assiettes aux matières
mises en scène comme des uvres dart
par son second, William, il donne un coup de main
sur les assiettes destinées au Jardin des
Muses (la brasserie de lhôtel Scribe).
« Tous les clients sont importants quel
que soit le prix quils payent.» Cest
sa devise. Et de fait depuis quil a repris
cet été les fourneaux de ce grand
restaurant de lHôtel Scribe, il réussit
à faire salle pleine, midi et soir dans
les deux salles.