Comment alors vaincre la malédiction de la désertification ?
Il faudrait des investissements massifs, mais dans les départements, comme on le sait, de larges parts du budget sont inévitablement destinées aux dépenses sociales, comme le RMI et l'assistance aux personnes âgées. Ce qui ne laisse pas grand-chose à investir.
Difficile aussi de remettre en cause cette tradition d'émigration des Aveyronnais ?
Les Aveyronnais ont une tradition de départ et ont toujours fait preuve de modernité en cela. Des membres de ma famille ont émigré en Californie en trois vagues : en 1900, dans les années trente et en 1945. Enfant j'ai ainsi toujours vécu avec cette image en tête de « l'Oncle d'Amérique.»Cet indicateur de détermination du caractère aveyronnais est intéressant. Il joue aussi pour ceux qui créent des entreprises, ce fut le cas de mon père qui créa une entreprise de plats cuisinés.
Mais il faut se demander aujourd'hui, si ce ne sont pas toutes les forces vives qui quittent l'Aveyron car la faiblesse des réseaux de transport aujourd'hui rend encore plus difficile l'enclavement géographique.
Où sont les dangers face à la rupture historique que le monde vit aujourd'hui ?
Considérez la conjonction de ces quatre points : fin des énergies fossiles, réchauffement planétaire, vieillissement démographique des pays occidentaux et donc immigration et enfin hausse du prix des matières premières alimentaires due aux milliards d'humains à nourrir. Alors, si en plus, on ne veut pas d'OGM mais tous une maison individuelle, on risque d'avoir un problème. En cela, je trouve parfois que les citoyens sont contradictoires et capricieux.
C'est- à-dire ?
Je pourrais être a priori plutôt indulgent pour les politiques face à la faiblesse des moyens qui sont les leurs, car le système échappe à tout le monde. Qui peut prétendre aujourd'hui orienter ne serait-ce qu'un tout petit peu la marche du monde ?
J'ai beaucoup travaillé sur l'Etat et sa généalogie. Je n'ai guère confiance dans le comportement des hommes dans les moments où tout se dégrade. Je vois des mécanismes pervers à l'œuvre qui pourraient déclencher des mouvements de violence. Concrètement, face à la hausse actuelle du pétrole, je ne vois pas comment on peut faire. Or, en France comme ailleurs, chacun considère sa petite situation personnelle et ne pense qu'à sa propre condition. Du coup, le principal problème du politique pourrait bien être celui de l'ordre public. Malheureusement, quand le désordre s'installe ce sont les plus faibles qui trinquent. |
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Extrait tirée d'une tribune donnée à Mariane en novembre 2007 à propos de l'augmentation du salaire du président de la République.
«L'idée d'élus bien payés ne passe pas. On a beau faire valoir que sans indemnités, seuls des rentiers pourraient prétendre devenir parlementaires ; qu'imposer à nos élus de faibles indemnités favoriserait la corruption ; que présider c'est exercer une charge particulièrement lourde ; que nos voisins font autrement, etc., rien n'apaisera les Français sur ce point. Pour eux, la politique n'est pas un métier, mais une vocation et les revenus que l'on peut en tirer doivent être modestes parce qu'ils sont pris directement dans la poche des contribuables et que l'on ne fait pas de la politique pour devenir riche. Ce point de vue dominant nourrit un sentiment d'exaspération d'autant plus grand que les conditions économiques et sociales paraissent devoir se dégrader.
La décision de Nicolas Sarkozy de tripler son salaire est une prise de risque stupéfiante. Pour l'opinion, c'est un nouveau sujet de conversation qui n'est pas près de s'éteindre. À partir de maintenant, les Français vont regarder autrement leur président.»
Lire la tribune de Dominique Reynié dans Mariane in extenso
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