Jean Puech, le Rural. LAveyron
est un département rural avec 37 cantons
sur 46.
Jean Puech, élu de Rignac et ancien ministre
de lAgriculture dEdouard Balladur,
le sait mieux que personne. Cette ruralité,
il ne loublie pas lorsque le Conseil général
soutient la politique de signes de qualité
de la Chambre d'Agriculture ou participe au financement
dun beau stand de lAveyron dans le
Hall 1 du Salon de lAgriculture (ci-contre)
. Limage de la qualité dun
terroir et de produits authentiques qui suscite
plus que jamais lengouement des Franciliens
pour le Salon ne peut que profiter aux producteurs
Aveyronnais.
Jean Puech aime son Aveyron. Il a su promouvoir
limage dun pays sauvage doté
dune histoire et dun patrimoine unique
qui correspond bien aux attentes des urbains stressés.
Des millions ont été investis dans
des Thermes de Cransac et autre Conservatoire
des Templiers. Linvestissement sera sans
doute payant sur le long terme.
Elu de Rignac, Jean Puech noublie pas doù
il vient. Et sur place, ses électeurs noublient
pas tout ce quil a fait pour le canton (Lire
ci-dessous).
Jean-Marc
Calvet, responsable des Moulins Calvet-Camares-Cayla-Témoignage
«Pour les habitants de Rignac et du
canton, le bilan de Jean Puech est très
positif en termes demplois. Linstallation
du Foyer de Vie de lAssociation des
Paralysés de France, et un établissement
de lAssociation de lEnfance Inadaptée,
ont permis de créer 90 emplois. Il
y a eu aussi le Lycée agricole, ou
le parc de loisirs avec la piscine sur Rignac
qui va permettre de développer le tourisme.»
explique Jean-Marc Calvet, fondateur et responsable
des Moulins Calvet et des aliments pour bétail
Calvet. Deux entreprises créées
en 1988 qui emploient une quarantaine de personnes
sur Rignac.
Jean
Puech, le verrouilleur.
LAveyron, pays enclavé par un relief
tourmenté néchappe plus à
lair du temps et aux nouvelles réformes.
La diversité des opinions et les intérêts
contradictoires entre Aveyronnais, par exemple
entre partisans dune nature sauvage et agriculteurs
soucieux de rendement, rendent les arbitrages
de plus en plus difficiles. On le voit depuis
trois ans avec les débats sur les fameux
Pays. Cette nouvelle entité destinée
à coller aux réalités locales,
en permettant de partager projets et investissements
sur un territoire y compris au-delà
du département- na cessé dalimenter
débat et polémique.
Jean Puech a eu du mal à supporter lexistence
de projets de Pays sortant des limites cantonales
et à fortiori des limites départementales,
tel le fameux Pays Quercy-Rouergue. Plutôt
que de négocier ou de prendre acte des
projets, il a tenté de jouer la carte de
la menace aux subventions. Mauvaise pioche. Une
centaine de maires aveyronnais, (soit un gros
tiers) ont réagi et se sont réunis
au sein dun « réseau de vigilance
» pour contester ce verrouillage. Aujourdhui,
ils souhaitent une alternative au système
Puech (Lire ci-dessous, linterview dAnne
Blanc).
Anne
Blanc, infirmière, mère de
quatre enfants est devenue maire de Naucelle
voilà trois ans. Elle est un peu
le porte-parole dun collectif informel
représentant une centaine de maires
aveyronnais, au sein d'un réseau
« de vigilance et de solidarité»
créé à la suite des
délibérations du Conseil général
privant de subventions les communes qui
avaient fait des choix distincts des Pays
soutenus par le Conseil général.
Bernard Seillier, constitue-t-il une alternative crédible à Jean Puech ?
Dabord, il ny a pas 50 possibilités. Pour une fois quil y a une alternative crédible. Nous avons beau être hétéroclites quant à nos sensibilités politiques, nous nous positionnons dabord par rapport aux hommes et à leurs approches du terrain. Sur ce point-là, nous savons pouvoir compter sur Seillier.
Que reprochez-vous le plus à la politique du Conseil général ?
Cest son fonctionnement opaque et ce verrouillage permanent. Pour un projet donné, on ne sait pas pourquoi le montant dune subvention peut aller du simple au double. La fonction de maire nest pas facile, on a souvent le sentiment que lon nous met des bâtons dans les roues, ou que lon tente de nous faire passer pour des demeurés.
Je suis dun naturel optimiste mais au début lorsque jai vu comment fonctionnait ce milieu, je me suis dit que rien ne pourrait le changer. Au fil des ans, je me suis rendue compte quen restant droit, on pouvait arriver à faire bouger les choses à condition aussi déchanger avec dautres élus et de mettre en commun nos expériences.
Jean Puech est un élu rural, sappuyant sur un électorat lui aussi rural et sociologiquement plutôt conservateur, vous pensez tout de même quun message comme le vôtre a des chances dêtre entendu ?
Les choses évoluent, notre réseau de vigilance» a été pour beaucoup à lorigine de nouvelles prises de conscience. Et même vis-à-vis de ruraux Aveyronnais, notre message à partir du moment où il est clair et dénué dambitions personnelles, a des chances de passer. Car je suis sûre quil y a une volonté des Aveyronnais de voir le changement entré dans les faits.