Mais le contexte d'ESB a donné une autre résonance à
la transhumance 2001. Les éleveurs locaux, particulièrement
ceux des veaux fort goûtés par les Italiens, ont vu les
cours s'effondrer. Cinq jeunes éleveurs se sont suicidés
cette année.
Ce n'est pas un hasard si la "préfète" n'est
pas montée à Aubrac cette année, beaucoup d'éleveurs
lui reprochent en effet son attitude lors des manifestations à
Rodez.
Reste aujourd'hui à croiser les doigts pour que les cours remontent.
Et que le public prenne conscience de la qualité de la viande
d'Aubrac. Car, au-delà du seul folklore, la transhumance prouve
que l'on peut laisser des bêtes vivre six mois dans une vraie
nature sauvage comme l'Aubrac et obtenir à force de persévérance
une race et une viande incomparable. Aujourd'hui,
les vaches d'Aubrac broutent l'herbe de France la plus riche, une
herbe sans engrais, recouverte d'une flore enivrante de fragrances.
Ce cadeau de la nature n'est pas gratuit. Avoir sa montagne sur l'Aubrac
est un privilège tout comme celui de manger du boeuf fermier
d'Aubrac à Paris.