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LA
PETITE TRANSHUMANCE DE CLAUDE MARTIN
Il
y a la grande transhumance et d'autres plus discrètes qui
n'en sont pas moins authentiques.
La
transhumance que Claude Martin pratique fait partie de celles-là.
"Nous, nous n'avons jamais arrêté de monter à
pied " nous a confié le patron de l'Escurial, établissement
fameux du boulevard Saint-Germain à Paris. Le 26 mai, comme
chaque année, il a donc accompagné une quarantaine
de ses vaches entre sa ferme du Quié et sa montagne du "Coufiniaouit"
avec une étape désaltérante pour les vaches
comme pour les accompagnateurs à Alpuech. Soit 16 km parcourus
par le troupeau à vive allure. Non que ses vaches fussent
des sprinteuses mais contrairement aux autres transhumances, le
tracteur des jeunes veaux ouvrait la marche. Et les mamans accéléraient
alors le pas pour ne pas se laisser distancer par leurs chers petits.
La
transhumance pour Claude Martin, c'est l'occasion aussi de convier
quelques amis parisiens -parfois patrons de bistrots comme lui-
et locaux à un pique-nique aussi fastueux que bonne franquette
au sommet. Les victuailles étaient montées par 4X4.
La prospérité de son troupeau se repère aux
cloches fondues dans le Doubs. Chaque vache à la sienne inscrite
aux prénoms des enfants et des petits-enfants du propriétaire
du troupeau.
Les
vaches ne sont pas un hobby que Claude Martin se serait offert sur
le tard, une fois la prospérité acquise à Paris.
Elles ont toujours appartenu à sa famille. Même lorsque
ses parents sont venus s'installer à Paris Rue Castagnary,
ils ont gardé la ferme familiale y passant toujours au minimum
deux ou trois jours par mois. Gamin, Claude Martin descendait en
juillet couper les foins. "Que voulez-vous, la terre est sacrée
pour nous. A Paris, nous ne sommes qu'en transit, là où
l'on gagne notre vie, mais la vraie richesse est dans la terre.
J'espère bien que mes filles poursuivront sur mes traces."

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