Jo Petrucci - suite
La
guerre finie, Jo reprend son accordéon
pour accompagner lexplosion de joie de
la libération. Deux ans plus tard, en
1947 il rencontre son épouse, dont les
parents, originaires de Saint-Amans, tiennent
un hôtel sur la Côte dAzur.
Un an plus tard, ils sont mariés. . Et
Jo va continuer, comme comptable, à uvrer
pour les barrages aveyronnais comme ceux de
Pareloup, qui vont modifier si profondément
la physionomie du pays.
A la fin des années cinquante, ses beaux
parents le mettent en relation avec un grand
patron de Paris. Il devient le gérant
de fait du Quick Elysées, endroit réputé
pour son adresse sur les Champs Elysées
et surtout son escalator. «Jai appris
le travail des produits frais, la restauration
et aussi toutes les malices de la limonade
»
Mais Jo veut devenir son propre patron. Il va
prendre les rênes du Royal Niel. Pas longtemps.«
Jétais malheureux derrière
le comptoir, je my sentais triste. Moi,
je voulais faire du pays, je cherchais quelque
chose de grand.»
En
1966, il tombe sur lAmbassade dAuvergne.
«Il y avait encore les Halles et tout
ce qui allait avec, les filles etc
La
première fois que jai emmené
ma femme visiter lendroit elle a fondu
en larmes.» Mais lhomme saccroche
à sa volonté de faire du terroir
35 ans avant la mode. Ses amis aveyronnais du
monde des bistrots veulent bien lui prêter
des sous mais ils ne croient pas du tout au
concept. «A lépoque, ils
mangeaient laligot chez eux. »
Contre toute attente, lAmbassade dAuvergne
va vite se faire un nom. Elle sait attirer les
grands chroniqueurs gastronomiques et les stars
de lépoque, à commencer
par Fernand Raynaud. Jo Petrucci devient lAuvergnat
de service. Son endroit est plein midi et soir.
Des jeunes du pays comme Gilbert Costes viennent
y faire leurs premières armes. Aujourdhui,
lAmbassade est tenue par sa fille Françoise.
Le restaurant est toujours aussi couru. «Si
javais été plus homme daffaires,
il y aurait cinquante « Ambassade »
aujourdhui. Mais je ne suis quun
passionné et il y a dautres choses.
Jai toujours veillé à respecter
ma parole, ne pas faire de crasses, et cela
se sait sur la place de Paris. »
Aujourdhui, Jo Petrucci partage sa vie
entre Paris et Montézic, mais pour une
retraite pépère. Il surfe sur
le web et narrête pas de voyager
avec son épouse et garde un il
sur son Ambassade.
En savoir plus sur l'Ambassade.