Paris
fait-il vivre l’Aveyron ?
Sans doute plus qu’aucun autre département l’Aveyron
cultive un lien très étroit avec Paris. Il n’est
pas que passionnel. Il est aussi économique. Les transporteurs
confirment la vitalité du trafic entre Paris et le Pays.
«Il a toujours été très important,»
explique Francis Valette qui dirige une entreprise de transport
millavoise avec deux implantations à Rodez et en Ile-de-France.
«Nous transportons pas mal d’imprimés et
de papeterie. On fait aussi du vin et de la fouace de temps
en temps. Mais il faut bien reconnaître que les petits
producteurs, plus orientés vers l’alimentaire,
sont souvent très indépendants. Ils ne veulent
pas jouer la carte du groupage.» poursuit le transporteur.
Dommage car avec les bistros et la vogue du terroir, sur laquelle
surfe quelques belles maisons Aveyronnaises, il y a encore des
débouchés.
«Attention,
on a beau être Aveyronnais, explique un producteur, les
bistros Aveyronnais ne nous font pas de cadeaux. » Même,
s'il est vrai aussi que le dispatching des marchandises à
Paris demeure un sacré défi. « Une chose
est sûre, pour les produits frais, le transport à
partir d'Aveyron , c’est un frein au développement.
On ne trouve pas de solution. » ajoute le professionnel.
Dans le sens de la descente, c’est depuis longtemps l’argent
des « Parisiens » qui descend s’investir au
pays. La plupart du temps dans des constructions ou les rénovations
de maisons. Encore qu’on a vu, en son temps, un Cazes
investir dans une pisciculture à Laguiole et un des frères
Costes dans une usine de couteaux. Mais l’essentiel du
flux a permis à de multiples entreprises du bâtiment
de vivre. Le mouvement aurait tendance à se tasser.
Il n'empêche, habitués au secteur privé à sa concurrence, bien des Aveyronnais de Paris se font
plus critiques sur la gestion sur place de certains projets
d’investissements, petits ou grands. «On a parfois
l’impression qu’Aveyron ne rime qu’avec subvention
quand on aborde l’économie, et que celles-ci vont
toujours aux copains.»