Un
phénomène qui se poursuit dans
lamicalisme
Quand, à la fin du XIXe et durant le
XXe siècle, la terre rouergate na
plus suffit à nourrir les trop nombreuses
fratries, chacun a émigré alors
de son côté. Au nord, on est
monté vers Paris, au sud, on a plutôt
filé vers le Languedoc et la Provence.
Avec quelques traits singuliers. Dans nombre
de villages, du Sud-Aveyron, où lon
a émigré plus tard, nombreux
sont ceux qui ont choisi de devenir fonctionnaire
ou agents de service publics dans les PTT,
la SNCF ou les impôts.
Aujourdhui les amicales elles-mêmes
reprennent cette dichotomie. Paris a toujours
été dominé par les amicales
du Nord. Résultat : longtemps celles
de Millau ou de Saint-Affrique ont manifester
une légère amertume face aux
somptueux banquets richement dotés
en lots par les alcooliers et les fournisseurs
Richard et Tafanel. Reste que le fait que
Gérard Paloc, président de la
Fédération des Amicales Aveyronnaises,
soit du Sud-Aveyron montre bien que la défiance
nest que de surface.
Lautre
clivage nord-sud chez les politiques
Cette rivalité nord-sud se retrouve
chez les hommes politiques. Les deux principaux
élus du nord et sud, Jean Puech et
Jacques Godfrain, se détestent cordialement.
Moins pour ces raisons géographiques
que pour des raisons liées aux brouilles
et coup bas entre centristes de lUDF
et RPR.
Derrières
les poignées de main et les sourires
de rigueur séchappent parfois
des noms doiseaux. A la veille des législatives,
nombreux sont ceux qui voyaient la main de
Puech dans la candidature sur la circonscription
de Jacques Godfrain du démissionnaire
du RPR René Quatrefages.
En revanche, le député et le
sénateur se retrouvent pour vouer une
haine farouche à ce produit sud-aveyronnais
de la révolte des années 70
du Larzac, quest José Bové.
Avec son démontage du Mc Do de Millau,
ce chantre de lanti-mondialisation a
réussi à capter lintérêt
des médias internationaux et à
donner un sérieux coup déclairage
sur le Sud-Aveyron et Roquefort au grand embarras
des institutionnels.
Le bon sens aveyronnais népargne
aucune de ces personnalités de ses
griefs. A José Bové, bien des
Rouergats pointent son mépris pour
la loi républicaine. Mais beaucoup
népargnent pas non plus leurs
élus qui prônent la réforme
de lEtat tout en pratiquant le cumul
des mandats.
Pas besoin davoir lu Montesquieu, pour
comprendre, que ce cumul créée
des réseaux dobligés,
des petits et grands féodaux. Pour
beaucoup, il s'agit là d'anachronismes
dans une démocratie moderne.