Vue
du Port de Marseille depuis Notre-Dame-de-la-Garde
Que
font les Aveyronnais de Provence ? Ils se
sont réunis en une fédération
des amicales de Provence qui regroupe en fait
six amicales : Marseille, Aix-Gardanne, Toulon,
Arles, Avignon et une nouvelle amicale récemment
créée à Istres. Les ouvriers
du Decazevillois déplacés sur
Gardanne après les restructurations
du bassin ont intégré l'amicale
d'Aix. Ce qui ne manque pas de piquant, quand
on connaît les profondes différences
culturelles entre la bourgeoise et notable
Aix et l'ouvrière Gardanne.
Jean-Claude
Bertrand, président de la Fédération
La
fédération des Amicales Aveyronnaises
de Provence existe depuis 1971 mais elle plonge
en fait ses racines dans le Cercle des Aveyronnais
de Marseille, qui remonte à 1884 disparu
dans les années cinquante.
Jean-Claude
Bertrand, professeur de droit civil à
la faculté de Marseille et inaltérable
président de la Fédération,
ne manque pas de rappeler les traits particuliers
des Aveyronnais de Provence où vécut
par exemple l'entomologiste
Fabre, ou encore le sculpteur Emile Aldebergue.
Les
traits particuliers des amicales aveyronnaises
provençales sont la prééminence
des professions judiciaires dans leurs rouages,
avocats, huissiers, professeurs de droit,
comme dans l'amicale d'Arles ou de Toulon,
A preuve la nouvelle faculté de droit
de Marseille sur la Canebière a attribué
le nom de Jean Albouis, professeur de droit
public au nouvel amphithéâtre.
La fédération a ses propres
rites, comme la fête des châtaignes
en novembre, la fête de l'Aligot organisée
par l'Amicale d'Aix-Gardanne, la Quine, ou
la fête de la Fouace. Il y a un grand
banquet organisé chaque année
dans une salle municipale de Marseille.
"Si nous pratiquions les mêmes
prix qu'à Paris ou à Nice, nous
serions une quarantaine", explique Jean-Claude
Bertrand. Le prix est relativement modique,
comparé à d'autres, 180 francs
avec demi-tarif pour les moins de 12 ans.
Et nous, nous achetons nous-mêmes nos
lots".
Jean-Claude
Bertrand regrette l'absence de groupe folklorique
: "il en existait bien un dans les années
soixante-dix financé par l'un de nos
membres, directeur général de
la Construction Française, mais ce
dernier a périclité et beaucoup
sont partis avec les costumes. " A l'occasion
des banquets, on peut y déguster les
fameux jésuites qu'un pâtissier
chocolatier Marseillais originaire de Saint-Affrique
nous a ressuscité.