COMMUNAUTE
 
> En route vers un Laguiole AOC...(3)
(juillet 2005)



Pourtant malgré des réunions qui se succèdent, le clivage chronique entre la Forge de Laguiole, qui s’appuie sur son image de pionnier et vise le luxe, et les autres couteliers, perdure. «Il y a une volonté apparente pour que l’on se réunisse et se défende mais personne ne s’en donne vraiment les moyens. Bien des “gens“ qui veulent défendre le Laguiole continuent de vendre par exemple les produits estampillés Laguiole qui n’ont rien à voir avec le couteau.» argumente, pour sa part Bernard Divisia, patron de la Forge (ci-dessus à droite).


On en revient toujours à la problématique de la définition d'un couteau de Laguiole avec cette difficulté d’enquêter sur les assertions des uns et des autres ? Un Laguiole authentique c’est quoi ? Un couteau fabriqué à Laguiole. Est-ce suffisant ? Son acier doit-il être forgé sur place ? Et quid des Laguiole produits à l’atelier de Montézic ou à Espalion ? Les intéressés ne pourront faire l’économie de ces questions. Ils devraient recevoir un questionnaire et répondre à trois questions dont les réponses éclaireront leurs véritables motivations à créer une interprofession.
1/ Souhaitez-vous vraiment une interprofession ?
2/ Etes-vous prêt à définir ce qu’est le Laguiole ? Ses matériaux, son acier, quelle variabilité dans une gamme, (ses formes et profils ). Cette seconde question de la définition du produit sera sans doute la plus difficile.
3/ Quel périmètre d’appellation ? Un périmètre qui devra être défini après une expertise et un enquête publique, elle-même appuyée sur des éléments historiques. Sur ce dernier point, le cas de Thiers ne sera pas le moins délicat. Répondre par la négative à l’une des trois questions annulera la démarche.

 

Suite du dossier

 

Michel Bras choisit les lames du Soleil Levant…


En juin 2005, Michel Bras présentait sa nouvelle gamme de couteaux. Une gamme composée de six modèles professionnels et d’un couteau de table. Tous sont dotés, dit-on, d'une qualité de tranchant d'une rare précision. Ces couteaux sont fabriqués par la société nippone Kai. Si l’image du chef étoilé est en cohérence avec le dépouillement nippon de ses couteaux, l’annonce de ce lancement n’en n’a pas moins créé un petit effet chez les couteliers de Laguiole qui apprécient modérément…sans s’étendre sur le sujet.

 

Le samouraï étoilé du Puech du Suquet reste zen : « Les couteliers de Laguiole auxquels je me suis adressé ne pouvaient répondre à ma demande sur le plan technique. Mes couteaux sont des couteaux professionnels, avec des profils de lame tri-couche très étudiés. Et puis ce sont des couteaux à 300 €. Je n’ai pas l’impression de dévaloriser l’image du Laguiole. Moi je suis à l’aise. On a conçu un couteau de table qualitatif avec une lame qui reprend la forme de la lame Pagès. »

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