La
Coutellerie de Laguiole accueille durant
l’été 2005 une exposition
organisée par l’Institut National
de la Propriété Industrielle
(INPI ) sur la contrefaçon qui est
responsable de la perte de dizaines de milliers
d’emplois. Et sur ce point la coutellerie
française est salement touchée
puisqu’elle aurait perdu 15% de ses
emplois depuis 2000. Une hécatombe…La
mauvaise surprise est que le couteau de
Laguiole fabriqué sur place n’est
pas épargné, il ne se vend
plus aussi bien. Surtout à l’export.
Si le climat économique morose a
sa part, la contrefaçon en provenance
d’Asie demeure le coupable principal.
Le sujet n’est pas nouveau. Il alimente
depuis toujours la chronique du couteau
de Laguiole depuis que la ville de Thiers
a industrialisé sa production au
début du XX ème siècle
jusqu’à ce que sa fabrication
soit relancée à Laguiole dans
les années 80. Voilà encore
quelques années ces “faux“
Laguiole étaient fabriqués
en Espagne ou en Portugal.
Aujourd’hui,
c’est en Asie comme bien d'autres
produits manufacturés. (voir notre
dossier année de la Chine). Un conteneur
de laguioles entre chaque jour en France.
Il arrive parfois qu’un gabelou patriote
téléphone à un coutelier
laguiolais pour lui demander que faire de
ces couteaux qui ne sont même pas
estampillés “made in China“.
Mais comme il n’a pas d’interlocuteur
représentatif, il se retrouve bien
obligé de laisser entrer le conteneur...
La concurrence entre couteliers de Laguiole
a longtemps empêché une action
collective. Depuis la vente de la Forge
de Laguiole par Gérard Boissins à
Robert Clergerie fin 2003, le climat s’est
-un tout petit peu - détendu permettant
en tout cas à tous de s’asseoir
autour d’une même table pour
définir une stratégie commune
à la filière.