Gérard Joulie, belle saga de la Bistrocratie (2).
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En 1974, il monte le Congrès Maillot. Puis il reprend une pizza à l’angle de l’avenue Malakoff dans le 16e pour créer l’Auberge Dab. Elle est aujourd’hui tellement ancrée dans le paysage de la porte Maillot qu’elle donne l’impression d’avoir été toujours là. Puis c’est le Sébillon à Neuilly, le Congrès porte d’Auteuil, le Bœuf Couronné, le Montparnasse 1900 et récemment l’Européen. Rien que des belles brasseries mais avec un très bon rapport qualité prix.
Malgré plus de 600 employés, les Joulie demeurent attachés à une image et à mode de gestion familial. Pas question de parler de groupe Joulie. On dirait presque une petite entreprise familiale. «Mon père m’a fait travailler dans ses restaurants dès que j’ai eu 13 ans. Ca m’a servi pour me payer ma première “mob”. » explique son fils aîné, Christophe qui enfile des “petites semaines” de 70 heures sur le pont passant d’une affaire à l’autre, à sentir l’ambiance, donner un coup de main au passe ou rectifier d’un regard une attitude ou un comportement désinvolte d’un serveur. Car le pire qui puisse arriver dans une affaire Joulie, ce n’est pas qu’un garçon “démoule“ un plateau et renverse des crèmes caramel sur un crâne, mais qu’un membre du personnel fasse le coup du mépris à un client. «Amour du produit, amour du client et respect du personnel sont les trois règles d’or que j’ai inculquées à mes enfants.»

Quant au monopoly parisien de la limonade et les rivalités avec les autres groupes à commencer par les Costes, Gérard Joulie, en vieux chat madré, tempère. «On a tous nos points forts, et parfois on se retrouve sur des dossiers, mais en 40 ans, je ne me suis jamais dédit ni renchérit sur une offre. Je suis un mec carré, pas un pinailleur.» Bref, chez les Joulie, on ne batifole pas avec les principes !