> Bertrand Delanoë, nouveau membre de l'Académie du Couteau de Laguiole
(suite)
Delanoë,
le Bizertin aveyronnais qui défend la terre aveyronnaise
Cette intronisation a été loccasion
pour le maire de Paris de tenir un discours au pied
levé à se faire pâmer tout Aveyronnais.
Un discours puisé à la veine on
ne dira jamais assez ce que Paris doit aux Aveyronnais
(lire ci-contre quelques morceaux choisis). «Honorer
lAveyron, cest faire quelque chose de juste
et dagréable».
Peu de départements peuvent en dire autant. Un
discours sur la terre et les racines «Si je ne
suis pas dAveyron, je ne suis rien, moi le Bizertin
avec un nom breton, un grand-père anglais »
Sans sen rendre compte, pris dans son émotion
aveyronnaise, le discours de Bertrand Delanoë avait
presque parfois des thèmes maréchalistes
type la terre ne ment pas. Il était
en tout cas totalement en phase avec les belles peintures
symboliques ornant les plafonds des salons de cet Hôtel
de Ville. Peintures, telles le laboureur et ses bufs,
encensant les vertus agrestres face à la ville
rouge et communarde capables des pires dévastations...Les
Communards n'avaient-ils pas incendié lHôtel
de Ville en 1871
LAcadémie
défenseur dune identité
Avec lintronisation du maire de Paris, lAcadémie
du couteau de Laguiole a fait très fort. Certains
ne pourront sempêcher de penser que lAcadémie
du Couteau de laguiole (présidée par Bernard
Solinhac, à droite du Maire de Paris) demeure
une assemblée de notables, genre rotary club
à la recherche de membres parmi les VIP ou le
show-bizz, des membres qui aiment à caresser
leur ego et séchanger des adresses ou des
opportunités de business. Cest sans doute
un peu vrai pour certains. Chez dautres en revanche,
il y a une franchise et une vérité dans
la démarche qui se perçoit immédiatement.
Ainsi par exemple dun des intronisés de
lHôtel de ville, le jeune chanteur, Nicolas
Reggiani, à la fois heureux et ému dêtre
là et de se souvenir des couteaux de son grand-père.
Preuve que lesprit de la bande de copains fondateurs
du départ demeure. Samuser tout en défendant
des racines à travers la renaissance du Couteau
de Laguiole demeure le leitmotiv qui anime plus que
jamais les fondateurs. Dautant plus à une
époque où le coffret de Laguiole made
in China se retrouvent sur les linéaires
de France et dAveyron à moins de cinq euros.
Or, il faut bien reconnaître que le Laguiole est
un symbole certes un peu plus visible que dautres-
dun savoir-faire et dune culture, bref,
dun art de vivre à la française
en danger.
Le recours à la terre
«Ce qui importe cest quà
travers cette cérémonie, il y a quelque
chose qui nous dépasse, cest doù
nous venons, ce que nous devons à la terre
qui nous y a vu naître qui nous a accueilli,
à la terre qui elle ne se trompe pas ; ce que
nous devons aux êtres humains qui font le sel
de cette terre. »
Ladolescence ruthénoise
«Imaginez un enfant de 14 ans qui na vécu
quen Tunisie au bord de la mer et qui
se retrouve à Rodez en septembre 1964 et qui
ne comprend pas et tout dun coup les copains
qui lui font découvrir que cette terre est
belle, que ces vieilles pierres sont magnifiques quand
on va se balader en mobylette, ils découvrent
que cet endroit est exceptionnel.
Je dois aux Aveyronnais de mavoir fait aimer
cette adolescence qui aurait pu ne pas être
aimable. De mavoir fait découvrir une
terre dont je naurais pas soupçonné
les richesses. »
Delanoë et les Aveyronnais
«Il y a des êtres humains qui sont pudiques,
qui ne disent pas tout de suite les choses. Il y a
des êtres humains qui prennent le temps de découvrir
et quand ils donnent cest pour toujours, comme
quand ils partagent. Lâme aveyronnaise
cest cette capacité à prendre
son temps, parce que lorsquon aime, cela ne
cesse jamais. »