C’est sans doute un cas unique dans l’histoire de Paris : celui d’une perpétuation et du développement d’un folklore provincial dans la Capitale durant plus de 80 ans sans aucun affaiblissement du mouvement.
Le folklore est un des éléments les plus forts de l’identité -pas simplement aveyronnaise- mais auvergnate pour les descendants des émigrés du Massif Central montés à partir de la fin du XIXe siècle (lire historique). Aujourd’hui encore, les règles du cahier des charges posées dans les années 20 lors de la création des premiers groupes folkloriques demeurent inchangées : Maintenir vivante la flamme de la tradition et assurer l’animation des banquets d’amicales.
Mais il y a aussi bien sûr cette endogamie qui est propre aux Auvergnats de Paris. Alors qu’en province, certains intègrent un groupe folklorique comme on pratique un hobby au sein d’une association souvent aidée par les municipalités, à Paris, on est au cœur des racines auvergnates.
Les bourrées et autres troupes parisiennes ne sont fréquentées que par des Auvergnats. Mais, la spécificité aveyronnaise très forte dans les amicales et la Ligue Auvergnate, du fait de la surreprésentation des originaires rouergats s’efface au profit de la grande Auvergne, car c’est souvent à cette identité que se raccrochent les Nord-Aveyronnais. Peu importe souvent que l’on soit Cantalou ou du Puy de Dôme ou du Lot, pour intégrer les bourrées.
Le coup de gueule du patron de La Bourrée de Paris contre le marketing du terroir !
«Un des aspects du regain du folklore est aussi lié au développement des marchés de pays. Ainsi, nous sommes souvent demandés pour animer ce genre de manifestation. Mais derrière le mot terroir, on trouve tout et n’importe quoi. Le terroir est devenu un concept marketing. Il nous arrive parfois de n’être plus qu’un élément du décor. C'est rageant d'avoir l'impression de faire le pitre sur un marché pendant que certains vendent des produits d’Auvergne qui n’ont d’Auvergne que le nom. Heureusement, qu’il y a encore des marchés comme celui de Bercy. »