COMMUNAUTE

> Eole en Aveyron...(2) novembre 2004

1/ Avec Eole, la montagne sourit au paysan Aveyronnais


«Au départ, nous n’étions pas partis sur un projet si grand», dit Michel Maillé à l’origine du projet éolien à Belmont. Cet éleveur de brebis travaille en Gaec avec deux autres collègues. Il sait qu’il a des terrains bien ventés. En 2001, il prospecte et se renseigne sur les équipements. «On connaît notre terre et on sait qu’il y a 320 jours de vent par an, alors on s’est dit que cela valait peut-être le coup de jouer la carte de l’éolien. Après discussion avec des professionnels, on a compris que le projet devrait avoir une grande taille pour être rentable, car n’ayant pas de clients industriels sur place pour acheter l’énergie, il fallait se brancher sur la ligne à haute tension 225 000 volts, qui traverse le territoire de Belmont, d’où un coût de raccord de 5 millions d’€ facturé par le gestionnaire du réseau, RTE.»

Lire également le forum consacré aux Eoliennes.


Michel Maillé, se regroupe avec une trentaine de propriétaires (agriculteurs aux trois quarts) au sein d’une Association pour le Développement des Energies Renouvelables, l’ADER, dont il assure la présidence. Elle choisit de travailler avec la société Alizé Energie «On leur apporte le foncier, soit une surface de 36 km2, ils n’ont eu qu’à choisir les emplacements les plus pertinents. »
A propos des revenus versés par l’exploitant, selon Michel Maillé, 50% vont directement aux propriétaires et correspondent au bail. Une partie de l’autre moitié servira, à dédommager les riverains dans un rayon d’1 km autour des mats, une autre partie ira dans un soutien économique aux exploitations forfaitaires, enfin 10% seront affectés à l’assainissement des eaux usées pour toutes les exploitations du périmètre, «de même promet Michel, des aides seront reversées à toutes les maisons pour l’équipement des maisons en solaire.» Bon prince, Michel promet même que l’aide sera versée aux opposants. «L’idée c’est bien de redistribuer équitablement la richesse pas d’acheter les gens» explique-t-il.
Quand on lui parle des opposants et de leurs craintes pour les paysages Aveyronnais, Michel Maillé invoque le réchauffement climatique et les incertitudes de l’avenir. «Si l’on savait que le pays pouvait vivre comme aujourd’hui durant les cinquante prochaines années, ça ne serait peut-être pas nécessaire… mais quand on connaît l’impact des bouleversements climatiques et que l’on sait qu’ils seront sans commune mesure avec les nuisances des éoliennes, alors…»
En bon paysan aveyronnais, Michel Maillié est moins prolixe au chapitre financier personnel. «Juridiquement, on devrait créer une société civile immobilière pour le bail foncier et une association pour la redistribution de la moitié des autres revenus reversés par l’exploitant.» Pour mémoire, on rappellera le protocole signé entre la FNSEA et le Syndicat des Energies Renouvelables qui fixe dans son projet de contrat type les loyers et autres indemnisation à 3000€ par Mw installé. A 3 Mw par éolienne, on atteint presque les 30 000€/an (200 000 francs) pour 3 éoliennes. Intéressant.

Interview Monique Alliès, maire de Belmont, présidente de la Communauté des Communes du pays Belmontais.
Entretien accordé le 29 octobre 2004.

Vous semblez plutôt en faveur du projet d'éoliennes sur le pays de Belmont ?
La Communauté des Communes, créée en janvier 2003, qui réunit Belmont, Mounès, Murrasson, Saint-Sever, Rébourguil s’est donnée pour but de promouvoir les énergies renouvelables. Pour ma part, j’en ai assez de payer des factures lourdes d’électricité des équipements collectifs. A l’heure où l’Etat se désengage des petites communes, ça nous mettra du beurre dans les épinards. Le projet représente une taxe professionnelle pour la Communauté des Communes de 700 000 €/an. On va avoir les moyens de développer les points forts de chaque commune en insistant notamment sur le tourisme.

Pourtant, le projet suscite des oppositions parmi vos administrés, cela ne doit pas être très confortable pour le maire ?
Ici, la densité est de 4 h/km2. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de riverains touchés. Il n’a jamais été question de mettre des éoliennes devant la Collégiale comme ont pu le faire croire quelques photo-montages. Les gens les plus opposés aux éoliennes sont présents depuis peu. Ils mettent d’abord en avant la valorisation de leur patrimoine. C’est assez égoïste.


Mais ne craignez-vous pas une dégradation des paysages ?

Ce ne sont pas les seules atteintes aux paysages. Quand les agriculteurs demandent des permis pour les bergeries, on est bien obligé de les leur donner. Même si ce n’est pas esthétique. Si tous les projets éoliens en Aveyron voyaient le jour, on risquerait d’aboutir à un mitage du territoire.


Les opposants font valoir que cet argent qui va arriver avec l’éolien va créer entre les citoyens un mauvais climat ?
Il s’agit de faire en sorte que ce projet soit structurant pour le territoire, c’est-à-dire que l’argent soit bien utilisé. Que les petits agriculteurs aient d’autres ressources. Que l’on finance des stations d’épuration, que l’on développe les fermes auberges, que l’on travaille sur le développement des randonnées et du tourisme.


Savez-vous qui est derrière Alizé Energie, la société chargée de mettre en place le projet du pays de Belmont ?
Non.

 

 

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