COMMUNAUTÉ
Sommaire


ILS SONT AVEYRONNAIS
- Yves Censi
- Claude Imbert
- JB. Bros
- Jo Petrucci
- A. Guibert
-I. Auguy
- U. Cancelier
- F. Lépine
- Wally
- Savignac
- G. Girard

SOMMAIRE
1 - Annonces
2 - Les Amicales
3 - Du côté des expatriés
4 - Ils sont aveyronnais

 
 
> Aimé Guibert, propriétaire et fondateur du Daumas Gassac

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Nul n’est prophète en son pays ! C’est donc à l’étranger, en Angleterre notamment, que le Daumas Gassac a rencontré une clientèle d’amateurs. Et le début de la gloire avec des articles élogieux dans les grands critiques anglo-saxons du vin. En France, médias et grandes institutions ont finalement bien été forcés de saluer le phénomène.



L’homme dit tout en quelques mots simples des débats qui agitent la planète du vin sur ses cinq continents. Un débat qui a manifestement échappé au journaliste de Time dont le seul étalon valable semble être le dollar.

«Quand on regarde la terre, il faut choisir sa position. Veut-on être « moderne » comme un Australien, qui va planter sa vigne pour 15 ans et la forcer à produire massivement 35 000 kg à l’hectare. Et qu’importe alors si le jus manque de sucres, d’acides, d’arômes, on s’en occupera ultérieurement. On va recourir à une œnologie industrielle pour que le produit conserve une parfaite stabilité même sur un million de bouteilles. Ou veut-on être vigneron traditionnel, que sa vigne vive 90 ou 100 ans, et même si pour cela, elle produit dix fois moins, moins de 4000 kg à l’hectare. Mais je vais recevoir de la nature, non un vin mais un millésime marqué par le sol, le climat, les conditions d’une année et très peu par l’homme. »

Même s’il exporte une grande partie de son nectar, Aimé est un adversaire farouche de la mondialisation. Elle l’a déjà mis au tapis une fois. Ce Millavois huguenot –qui qualifie Louis XIV, « d’Hitler du 17ème siècle » en souvenir de ces ancêtres enterrés dans les bois- était jusqu’en 1984, à la tête d’une des plus belles affaires de cuir de Millau. Chacun sait que le travail du cuir conféra à Millau une renommée inégalée. En 1985 , Aimé Guibert est obligé de déposer son bilan.

«L’industrie française du cuir fut la première victime de la mondialisation. En un an, 100 000 travailleurs ont été fauchés lorsqu’on décida en 1985 d’ouvrir marché du cuir aux produits Coréens pour favoriser la conclusion d’un contrat aéronautique. »


Avec Daumas Gassac, l’industriel du cuir est devenu un paysan sûr de son combat : celui de sauver le lien qui unit l’homme à la terre. «Tout ce qu’il y a de riche et de fécond en Europe vient de la terre. La paysannerie a créé le paysage, les courbes de niveaux, les églises romanes, tout ce qui fait la beauté de la civilisation européenne. Voilà ce qu’il faut sauver.
Pour cela, il faut délivrer la planète des multinationales» explique ce membre actif de la de la Confédération Paysanne de José Bové. L’écouter n’incite pourtant pas à l’optimisme. «Le siècle actuel sera celui où il y aura plus de misère humaine. Il suffit de voir la manipulation actuelle sur les cours du café par les monopoles qui aboutit à une division des prix par deux. C’est toujours le même cirque à la gloire de l’argent et le mépris de l’homme… ».

 

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