L'AVENIR
DES AMICALES
Une mère
et une fille réagissent à larticle
consacré aux Amicales et à leur
avenir "Quel
XXI° siècle pour les banquets et
amicales". Marie-Thérèse
et Catherine Verdier, la mère et la fille,
nous ont écrit presque au même
moment pour nous faire part de leurs réactions.
Les questions quelles soulèvent
sur lorganisation des banquets, des tombolas
ou des bourrées, ou encore du montant
de la participation, ne manqueront pas dalimenter
le débat.
Le courrier de Marie-Thérèse (la
Maman)
"Je voudrais passer
un message à Gérard Paloc, président
de la fédération des amicales
aveyronnaises qui dans l'article se pose la
question si les banquets survivront. Je crains
que non. Nous sommes tout un groupe, la cinquantaine,
nos enfants ont 25/30 ans et on s'ennuie dans
les banquets.
D'abord les jeunes qui sont pourtant attachés
à leur pays natal . Ils trouvent la soirée
ringarde. Ils sont d'accord pour un peu de folklore,
mais les jeunes ne peuvent danser toute la soirée
sur des valses et des bourrées. Ils passent
alors la soirée sur des chaises à
discuter. certains n'y vont même plus.
Alors qu'en fait, ils seraient heureux de faire
la fête ensemble (comme les réunions
de famille). Il faut penser à cette génération...
Nous la cinquantaine, nous sommes la génération
yéyé et pour s'amuser un air de
Claude François ou autre, nous fait revivre
notre jeunesse et nos jeunes dansent sur ces
airs et non sur les bourrées et les valses.Ces
tombolas qui obligent à dépenser
de l'argent, il faudrait des billets d'entrée
gagnants, organiser des jeux, vendre des produits
de la région.
Nous n'allons plus aux banquets d'amicales,
car c'est toujours la même organisation,
le même orchestre, les mêmes tombolas.
Un jour, j'ai invité des amis parisiens.
Ils se sont ennuyés. Il n'y avait rien
pour eux : repas moyen, bourrée, valse,
ils n'ont pas pu danser, et toujours ces achats
de billets de tombolas qui sont "dérangeants".
Si on veut aussi faire connaître notre
région par nos amicales, il faut penser
aux invités non averyonnais ou auvergnats.
Pourquoi ne pas organiser des buffets (repas
trop long avec la tombola), des ventes de produits,
des expositions d'artistes de la région.
En espérant que ces quelques lignes vous
confirmeront que si nous ne faisons rien pour
sauvegarder ces réunions un jour nos
enfants à Paris ne continueront plus
cette tradition".
Le courrier de Catherine (la fille)
"J'ai 25 ans, je suis d'origine aveyronnaise
par mon papa qui a vécu jusqu'à
l'âge de 18 ans dans une ferme à
Pervillhergues près de Thérondels.
Ensuite il est monté à Paris,
a rencontré ma maman, l'a épousée
et je suis née.
Depuis mon plus jeune âge, je passe tous
les ans quelques jours de vacances dans la région
natale de mon père où une grande
partie de ma famille vit encore. Je suis parisienne
et très attachée à mes
origines, dès l'âge de 12 ans mes
parents m'ont enfin amenée aux amicales.
C'était une grande joie pour moi, l'occasion
de me faire belle, de retrouver mes cousins
et cousines, de participer à la tombola,
de danser...
Les années ont passé et c'est
avec une certaine tristesse que je n'ai pas
retrouvé le même plaisir à
me rendre aux amicales.
Je ne retrouve plus la magie et le prestige
qui me plaisait tant. Mon sentiment est le suivant
: les amicales vieillissent, manquent de pêche,
de prestige et d'ambition.... Je trouve ça
regrettable de payer 500FF pour une soirée
où l'on vous sert tous les ans quasiment
la même chose, où la tombola est
interminable avec des lots de plus en plus ridicules,
et un orchestre de valses et de trompettes qui
vous casse les oreilles...
Je suis ravie de pouvoir danser quelques valses
avec des anciens, mais il faudrait penser un
peu aux jeunes, car nous sommes l'avenir.
Je pense qu'il y a un véritable enjeu
sur la réflexion du rajeunissement de
la conception des amicales, il y a un large
public à séduire et reconquérir
: les 15-50 ans.
J'espère que ce message sera compris
et bien interprété".
Vous
souhaitez réagir à ces courriers,
écrivez-nous
à votre tour.