> 2004 : l'année de la Chine à Paris
ET PARIS DANS TOUT CA ?
Et de fait, les inquiétudes pour Paris proviennent
dune immigration sauvage beaucoup plus récente.
« Les Chinois continentaux procèdent
aujourdhui par rue et par quartier. Dans cette
approche, les bistros ne sont quun fonds de
commerce comme un autre. Quand ils reprennent un bistro,
il y a déjà des Chinois dans la rue.
Et quand une rue est ciblée, il ne reste au
final plus grand chose de non chinois. Certes, les
affaires quils reprennent ne sont pas encore
de super emplacements mais cela pourrait le devenir.»
explique Hervé Dijols, patron dorigine
aveyronnaise du Malakoff dans le XVIème et
vice-président du Syndicat National des Restaurateurs
Hôteliers et Limonadiers.
La municipalité parisienne sinquiète
du phénomène car à terme il a
de quoi bouleverser sérieusement la physionomie
de la capitale. Surtout si lon ajoute, quen
dix ans, Paris a perdu 43% de ses charcuteries, 29%
de ses pâtisseries, et 17% de ses bars-tabacs
Pour endiguer le phénomène, une société
dEconomie Mixte, devrait pouvoir préempter
les fonds de commerce mis en vente afin de sous-louer
à dautres petits artisans plus traditionnels
que les marchands de fringues, de portables ou de
PC. Pour Yves Censi, député de lAveyron
(ci-contre), cest une attelle sur une jambe
de bois. «Ce qui se passe à Paris va
devenir dramatique. On conduit à Paris une
politique pour les Bobos, on pense aux
voies de circulation, pas aux artisans qui livrent.
On voudrait que Paris ressemble à la campagne
et on oublie les artisans et ceux qui nont pas
les moyens dy vivre. Ce nest pas étonnant
que les Chinois avec leur capacité de réunir
du capital, puissent racheter les fonds de commerce
quils souhaitent. Jattends une politique
de fond.»
Car on peut parier que linvestissement massif
des Chinois continentaux dans les traiteurs, restaurants
et autres magasins de textiles en gros sur certains
secteurs de la capitale ne brise à terme léquilibre
des commerces et ne bouleverse en profondeur la physionomie
de Paris. Le magazine Zurban du 21 janvier ne relevait-il
pas que 95% des fonds de commerce du quartier Popincourt
dans le XIème avaient été repris
par des commerçants chinois spécialisés
dans le textile de gros. Or la monoactivité,
qui ne concerne pas simplement les Chinois, est dangereuse
pour la qualité de vie dans la capitale. Si
lon sait par exemple quen dix ans. Ajouter
à cela que la concurrence des traiteurs asiatiques
-malheureusement inégale parfois du fait dun
recours fréquent au travail clandestin- nest
pas fait pour faire sourire les bistros. Parfois le
menu à 7€ (entrée plat, dessert)
qui représente à peine parfois le prix
dune entrée dans un restaurant Aveyronnais,
est alors rentable.