DOSSIER
L'ANNÉE DU SINGE

A PARIS
1- Similitudes parisiennes
2 - Tontines et bistros
3 - Les chinois et les tabacs
4 - Paris mis à mal

AU PAYS
1 - Quel impact sur l'emploi manufacturier ?
2 - Quel impact sur l'artisanat d'art ?
3 - Créativité et sens du commerce
aveyronnais



 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

COMMUNAUTE
 

> L'année de la Chine vue du Pays
UNE PERVERSITÉ ÉCONOMIQUE QUI TUE L'ARTISANAT D'ART

Une perversité économique qui tue l’artisanat d’art
Une partie de l’image de l’Aveyron s’est bâtie autour des produits de ses artisans. A écouter les acteurs locaux de l’artisanat d’Art, l’avenir est noir.
Au-delà de la pression permanente sur les prix de revient, l’invasion des productions bon marché chinoises génère une perversité économique liée à la perte chez le consommateur du sentiment de la valeur des choses.

«Les gens ne font plus la différence entre un Laguiole à 70€ qui a nécessité trois heures de travail et un Laguiole fabriqué au Pakistan à 2€, explique Jean-Louis Leguérinel, coutelier d’Art à Conques. (ci-dessous). Il forge des couteaux uniques, bruts et sauvages (ci-dessous) . Une chose est sûre, chaque année, c’est plus dur. L’artisanat d’art va mourir. Nous ne sommes plus qu’une vingtaine à faire des couteaux d’art en France, mais d’ici peu on va tous passer à la trappe. Où alors, il nous faudrait faire de l’ultra-luxe avec une enseigne place Vendôme, mais on n'a ni les réseaux, ni les moyens. »


Du coup, c’est bien sûr le maintien des métiers et des savoir-faire, d’une touche de civilisation française que porte le problème.

«Quel jeune peut avoir envie aujourd’hui d’aller vers l’artisanat. Pour avoir un salaire décent -que l’on mérite- il fait voir ce qu’il faut faire dans ce métier. Certains fournisseurs nous demandent des prix fous. Créer un produit, le déposer et le lancer, cela ne vaut plus la peine. D’ici quelques années, les gens retrouveront peut-être la valeur des choses mais entre-temps, on aura traversé par des moments très difficiles.» explique Françoise Clarion, artisan verrier à l’atelier Vert’Art, spécialisée dans les créations de verre et qui a notamment réalisé les assiettes de Michel Bras.

L’ultra-luxe ou le très haut de gamme comme voie de sortie par le haut
C’est en tout cas le credo de bien des chefs d’entreprise d’Aveyron pour résister à cette concurrence. Le discours a été tenu lors de la reprise de la Forge de Laguiole par Bernard Divisia ou pour le nouveau pôle de ganterie en cours de réalisation à Millau. Chez Ver'Art, on y pense également. La stratégie du haut de gamme est en tout cas appuyée par Aveyron Expansion, bras armé du conseil Général pour l’intervention économique. (voir ci-contre)
Mais qui dit luxe ou très haut de gamme, implique beaucoup d’appelés et peu d’élus. Jusqu’à preuve du contraire les très riches étant ultra-minoritaires, il faut les toucher par une communication adéquate, jouer l’image impalpable, les réseaux et les points d’expositions sous le regard des clients riches. On peut également espérer que l’ultra luxe pourra permettre de toucher la crème des clients chinois, ceux-là même qui lors des banquets du parti consomment du cognac XO comme on boit une bouteille de Marcillac…et dans ce cas le sens du commerce des aveyronnais ne sera pas de trop. (lire Interview Cécile Cazes sur la Chine).

 

(suite dossier Chine et Pays)

 

Aveyron Expansion croit à la Valeur ajoutée
«Si on génère de la valeur, on sera moins vulnérable. Et pour générer de la valeur, il faut travailler sur le cœur du produit, son identité et son attachement au terroir. » explique Hubert Calmettes, directeur d’Aveyron Expansion du Conseil général. Et tout le monde de penser une fois de plus au Laguiole. Raté.

Hubert Calmettes, cite l’exemple de l’entreprise métallurgique Vieille Montagne devenue Umicore spécialisée dans le Zinc et dont le site de Viviez emploie 170 personnes.

 

Si le zinc peut se produire partout, en revanche le zinc prépatiné est une spécialité locale et surtout un marché de niche super-rentable notamment aux USA. «C’est ce type approche qu’il faut développer. Il faut donc aller jusqu’au bout de la mondialisation et se dire que si on a un produit innovant ou à forte valeur ajoutée, il y aura toujours des clients pour l’acheter. »

 

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