COMMUNAUTE
> José et l'Aveyron, Ni bon, ni Bové ? (suite et fin )

 

 

Hervé Lantuech, pâtissier à Espalion
«Je ne peux pas être contre la malbouffe et en cela Bové fait parler de l’Aveyron et ça c’est une bonne chose. En revanche, je ne suis pas du tout convaincu par le personnage car il est irrespectueux de la loi. Arracher des plants qui ont demandé 15 ans de travail à des chercheurs et qui pourraient permettre de soigner des maladies infantiles, ou démolir un Mac Do, et trouver que c’est anormal d’être sanctionné, c’est ce qui me gène le plus. Si un artisan se permettait de faire le 1/10 de ce qu’il fait, il irait en tôle illico. »

Jean-François Sagne, originaire de Decazeville, patron d’un bistro à Paris 14é (l’Alouette)
«Pour l’image de l’Aveyron, il est bon par rapport à la mal-bouffe. Même s’il n’est pas Aveyronnais, son discours reflète bien les gens du pays, et cela met en valeur les produits aveyronnais. Après, lorsqu’il part sur d’autres sujets, par exemple sur la Palestine, c’est beaucoup plus délicat.»

Jean Laurens, Président de la Chambre d’Agriculture d'Aveyron
«Je suis très mitigé, car je connais l’homme depuis 20 ans, depuis qu’il a débarqué en Aveyron. J’ai eu l’occasion d’être confronté à lui sur le dossier du lait de brebis Roquefort et depuis je doute de sa sincérité. Il a eu le mérite d’avoir fait passer les messages sur la mondialisation et le commerce équitable. Ce que je regrette c’est qu’avant lui Raymond Lacombe avait posé les mêmes problématiques dans les milieux professionnels mais que, malheureusement, il ne passait pas dans les médias. José Bové fait parler de l’Aveyron. Mais je ne voudrais pas qu’en terme d’image l’Aveyron soit assimilé à la Rave et au Larzac. Quant à la malbouffe, si les produits d’Aveyron marchent bien, je ne crois pas que cela soit du fait de son discours. J’y vois plutôt un résultat de notre politique de signes officiels de qualité. Globalement, je crois qu’il fait du mal à l’Aveyron. »

 

Quelques questions sur le personnage. (suite)

Bové, un enjeu bien loin de l'Aveyron ?
Même un scénariste débutant n’aurait pas osé écrire un tel retournement. Voilà un type que l’on envoie chercher en hélicoptère chez lui, fin juin 2003, pour le conduire en prison comme l’ennemi public N°1. Deux mois plus tard, on retrouve le même en train de serrer la main d’un ministre de l’Intérieur aux anges lors d’un débriefing suivant le Teknival. A la fête de l’Huma comme à la place Beauvau, Bové est un enjeu. Certains pensent qu’il pourrait jouer le même rôle, qu’a joué le Pen quand François Mitterrand -en réintroduisant la proportionnelle- avait mis en selle le leader nationaliste pour malmener durablement la droite traditionnelle. Or aujourd’hui, Bové déstabilise le PS. Evidemment, dans ce jeu pervers et florentin, les élus de droite sur place, conseillers généraux et députés, qui s’acharnent à faire comme si Bové n’existait pas, pourraient bien finir par se sentir comme les dindons aveyronnais de cette farce nationale. Le plus grave est ailleurs : c'est le risque de discréditer un peu plus la politique et ses institutions, au risque de jeter davantage de citoyens vers des aventures dangereuses.

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