Jean-Louis
Cros, Aveyronnais de Paris, originaire
de Sainte-Geneviève sur Argence.
Directeur dune société
de High-Tech, spécialisée
dans le GPS, Vendome technologies
«Bové est bon pour
lAveyron car cest un
extraordinaire communiquant. Il
suffit de voir le coup de "Cancon"
pour sen convaincre, il était
présent sur tous les médias.
Des slogans comme la terre
nest pas une marchandise,
permettent de pondérer le
côté incontrôlable
de certaines multinationales. Car
le consommateur final prend conscience
de son rôle, par exemple,
à lencontre des produits
fabriqués par des enfants.
Je ne sais pas sur les OGM, mais
il a obligé à ouvrir
le débat, sinon cela serait
passé comme une lettre à
la poste.»
Denis
Belugou, éleveur de brebis
lacaune à Combret-sur-Rance
(200 brebis) filière Roquefort
Société.
«Cest sûr, il
fait connaître lAveyron.
Il défend les petits paysans
pas simplement les Aveyronnais-
et une ruralité qui pourrait
être autre, pas celle du productivisme.
Où va-t-on s'il n'y a plus
quun gros agriculteur par
commune ? »
Michel
Tournier : président de la
CCI de Rodez
«Tout le monde sait que Bové
est Aveyronnais, et cest une
valeur qui sait sexporter.
Il a son discours et je ne veux
pas faire de commentaires. On retrouve
chez lui quelques traits bien aveyronnais.
Par exemple, un souci de la nature,
de la qualité de vie, de
lentrepreneur de petite PME
qui se bat. LAveyron a toujours
donné des gens qui se battaient,
comme le Cardinal Marty ou Raymond
Lacombe. En ce sens Bové
se rattache un peu à cette
tradition. Sur limpact économique,
léconomie aveyronnaise
ne rêve pas de Bové.
Roquefort na pas attendu Bové
pour percer ; tout comme le Larzac
avait déjà avant lui
une image de nature sauvage. A ce
sujet, la nouvelle image du Larzac
avec ces rassemblements de gens
qui vivent sur une autre planète
nest pas celle que nous souhaitons.
Il nempêche : aujourdhui
on peut se demander ce quil
reste du Bové Aveyronnais.
»»
Bové,
mobilisateur Aveyronnais
La présence de José
Bové augmente la mobilisation
sur un sujet et sa médiatisation.
Ainsi, a-t-il participé à
lopposition dun projet
dextension dune porcherie
industrielle dans le Sud Aveyron.On
la vu également participer
à des débats sur la
malbouffe organisés par des
hôteliers aveyronnais qui voyaient
là aussi un moyen de rappeler
leur revendication dune baisse
de TVA sur la restauration. En revanche,
les Aveyronnais ont du mal à
le suivre par exemple à l'occasion
de son voyage en Palestine.
Bové : Acteur mondial ou paysan
local ?
Lenfer est pavé de bonnes
intentions. Quand Bové explique
à PPDA sur TF1 le 9 septembre
2003, lors de son rassemblement de
Cancon, que ce sont les subventions
de lUnion européenne
et les USA qui empêchent les
agriculteurs du tiers-monde de sen
sortir en ne pouvant écouler
leurs productions en Occident, il
a tout à fait raison. Sauf
à oublier que lagriculture
aveyronnaise est une agriculture de
montagne, subventionnée plus
quailleurs. (voir
notre rubrique agriculture). On
a beau argumenter sur la fin des subventions
à lexportation, dans
les faits, cela ne change pas grand
chose. De ces subventions dépendent
le maintien des paysages, dun
mode de vie, déléments
de base de la vie rurale. Car il faudra
du temps pour que la pratique des
AOC, ou le Bio -qui patine en Aveyron-
parviennent à compenser dans
les revenus des petits paysans la
chute des subventions.
Dans cette même interview, Bové
défendait la politique des
AOC, en citant lexemple du Roquefort,
et du riz Basmati qui devrait en bénéficier.
Que répond-t-il aux Grecs qui
réclament eux aussi lappellation
Fêta, et contre laquelle le
Sud-Aveyron a manifesté de
façon unanime. Car la production
de Féta permet découler
les surplus de lait de brebis non
utilisés pour la fabrication
du Roquefort. Cest là
tout le problème. Les bonnes
intentions ont du mal à lever
les contradictions d'un discours.
Surtout à lheure de l'élargissement
de lUnion Européenne,
et de l'arrivée sur le marché
des productions agricoles polonaises
ou hongroises.